TotalEnergies s’attire les foudres de Bruno Le Maire sur sa possible cotation à New York
Rien ne passe inaperçu quand on s’appelle TotalEnergies. Déjà évoquée en fin de semaine dernière, le PDG, Patrick Pouyanné, a confirmé lundi devant les sénateurs la possibilité pour son groupe de déménager sa principale cotation boursière de Paris vers New York.
Une telle décision serait «grave» a estimé Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, sur BFMTV jeudi matin, jugeant que c’était l’intérêt suprême de la nation de garder «la cotation principale de TotalEnergies en France» et qu’il était prêt à se battre «pour ça». Dimanche sur LCI, le ministre s’était montré moins offensif, rappelle l’AFP, en estimant qu’il fallait «aussi balayer devant notre porte», et qu’on offre à TotalEnergies «les moyens de se développer» en accélérant sur l’union des marchés de capitaux dans l’Union européenne.
Après avoir lancé cette «bombe» lors d’un entretien avec Bloomberg à l’occasion de la publication des résultats trimestriels de son groupe, Patrick Pouyanné a précisé que le conseil d’administration lui avait demandé d’étudier l’idée et qu’il devrait trancher d’ici septembre prochain. Un déménagement du siège social de TotalEnergies en dehors de France n’est en revanche pas à l’ordre du jour et l’homme fort du pétrolier a indiqué lors d’une audition au Sénat le 29 avril que le titre resterait coté à Paris.
A lire aussi : Union des marchés, la balle est dans le camp des politiques
Un message aux investisseurs
Le poids croissant des actionnaires américains au capital de l’entreprise française et sa sous-valorisation vis-à-vis d’Exxon ou Chevron justifieraient de réfléchir à faire de New York – où le titre est déjà négociable sous la forme, peu appréciée des investisseurs, de certificats (ADR) - la principale place de cotation de TotalEnergies.
Pénalisé par les aspirations climatiques des Européens, le pétrolier subirait une désaffection des investisseurs européens. Un mouvement illustré récemment par la modification, voulue par Bercy, du label ISR qui exclut désormais les exploitants d’hydrocarbures de son univers investissable. En février dernier, Patrick Pouyanné avait jugé cette évolution «désagréable mais anecdotique» , les fonds ISR ne représentant que 1,6% du capital de TotalEnergies. Il s’en serait sans doute bien passé malgré tout. Devant les sénateurs, Patrick Pouyanné a ainsi espéré que «suite à ces échanges, il y ait plus d’actionnaires européens qui rachètent du TotalEnergies, ça me convaincra que garder la cotation primaire à Paris est une bonne idée».
Reste à voir si ce message sera reçu par les investisseurs et les décideurs politiques à l’heure où le gouvernement veut renforcer l’attractivité de la place financière parisienne.
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