Total poursuit son expansion dans les sables bitumineux et le gaz liquéfié
Total fait feu de tout bois. De l’Australie au Canada, le groupe français a fait part vendredi de deux investissements d’un montant cumulé de 1,52 milliard d’euros.
Le premier engagement du jour concerne le partenariat stratégique noué avec Suncor Energy dans les sables bitumineux au Canada. Yves-Louis Darricarrère, directeur général de l’exploration et production du groupe français, souligne que l’accord permet au groupe de rester «fidèle à sa stratégie de partenariat déployée à travers le monde afin d’améliorer la valeur de ses projets», sur le principe d’un partage de 51% détenus par l’opérateur et 49% pour le non-opérateur.
En l’occurrence, Total versera à son partenaire 1,75 milliard de dollars canadiens (1,31 milliard d’euros) afin d’«équilibrer» les trois transactions suivantes dévoilées vendredi. Tout d’abord, l’accord prévoit l’acquisition par Total auprès de Suncor (qui a également publié vendredi un plan stratégique à dix ans) de 19,2% d’intérêt dans le projet minier de Fort Hills, portant la part du français à 39,2%. L’opérateur Suncor détiendra 40,8% du projet, Teck Resources en conservant 20%. A l’inverse, Total cède à son partenaire 36,75% du projet de Joslyn, ramenant son intérêt à 38,25%. Un projet au sein duquel sont aussi présents Occidental Petroleum (15%) et Inpex (10%).
Enfin, toujours dans la province de l’Alberta, Total acquiert auprès de Suncor 49% du projet d’usine de traitement de Voyageur, dont la construction a été interrompue en 2008. La mise en production de cette usine est attendue en 2016, comme celle de Fort Hills (les deux projets seront réalisés «en parallèle» souligne Total), celle de Joslyn en 2017 ou 2018.
Le second volet des annonces de Total concerne la production de gaz naturel liquéfié en Australie. Il s’agit pour le groupe français de renforcer sa participation, à 27,5%, au sein du projet Gladstone LNG. Total acquiert ainsi pour l’équivalent de 211 millions d’euros une part de 7,5% auprès de l’opérateur Santos, qui descend à 30% devant les autres minoritaires que sont Petronas (27,5%) et Kogas (15%). Ce dernier, sud-coréen, fait à cette occasion son entrée dans une aventure dont le coût est estimé à 12 milliards d’euros. «C’est ce que souhaitait le marché» s’est réjoui l’analyste de Citigroup Mark Greenwood en estimant que l’empressement des industriels à prendre part au projet est de bon augure.
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