Toshiba, ou comment les plus grands groupes peuvent aussi mourir
Les scandales majeurs conduisant les géants de la cote à des pertes de valeur massives, de Samsung à Volkswagen, ont tendance à se multiplier. Mais il est rare qu’ils menacent leur survie même.
Toshiba, une des stars de l’industrie japonaise né en 1875, admet désormais qu’il en est là.
Après deux reports et sous la pression des autorités boursières, il a fini par publier ses comptes à fin décembre malgré le refus de ses auditeurs de les valider.
Deux ans après le scandale comptable monstre résultant de ses déboires nucléaires aux Etats-Unis, notamment de sa filiale Westinghouse désormais en procédure de faillite, le groupe s’attend à quelque 9 milliards de dollars de pertes pour son exercice fiscal clos fin mars.
Est-ce un maximum ? La direction affirme que oui. Mais le doute subsiste car son auditeur PwC juge encore trop flou le risque porté par les activités nucléaires.
Ce qui est sûr, c’est que la Bourse de Tokyo a tous les éléments pour décider si Toshiba doit être radié de la cote.
Pour le marché, ce serait fâcheux car la valeur est un de ses fleurons historiques.
Pour le conglomérat, ce serait un désastre. Ses coûts de financement partiraient en flèche sans parler de celui des contentieux avec ses actionnaires.
Or la qualité de son bilan est si dégradée qu’une recapitalisation urgente s’impose.
D’où la cession programmée de l’activité mémoires pour laquelle le taiwanais Foxconn proposerait plus de 25 milliards de dollars face à des concurrents sud-coréens et américains.
D’où aussi l’introduction probable de sa filiale suisse de compteurs intelligents Landis+Gyr qui vaut près de deux milliards d’euros.
Se vendre à l’encan ou mourir : tel est aujourd’hui le triste choix de Toshiba.
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