TNT ouvre la porte aux prétendants au rachat de son activité de messagerie rapide
Les opérateurs boursiers ont dignement salué hier l’annonce par le groupe néerlandais TNT des détails de son projet de scission des activités messagerie rapide et courrier. A Amsterdam, le titre a gagné 7,99% à 20,35 euros.
TNT a confirmé que la séparation interne, tant du point de vue juridique qu’organisationnel, sera effective au 1er janvier prochain, à l’issue d’efforts engagés au printemps dernier. Surtout, le groupe a surpris positivement en annonçant son projet de céder, sous réserve de l’approbation d’une assemblée des actionnaires prévue fin mai prochain, une participation de 70,1% au capital de TNT Express, l’activité de messagerie rapide. Cette part pourra être vendue à un tiers ou introduite en Bourse. Le solde conservé de 29,9% a vocation à être vendu, d’ici à 2015, mais pas avant une période de blocage de six mois. La somme récupérée sera utile pour réduire de 700 à 900 millions d’euros une dette de TNT Mail estimée à 1,2 milliard à l’instant de la séparation des deux activités.
Le directeur général de TNT, Peter Brakke, s’est réjoui d’un processus de scission «peu risqué», qu’il supervisera avant de partir vers d’autres horizons. En dix ans à la tête du groupe, le dirigeant aura notamment mené la vente des activités logistiques en 2005 et de fret l’année suivante.
Cette opération a soulagé les observateurs de leurs craintes d’une nécessaire augmentation de capital. Axel Funhoff chez ING s’est félicité du fait que «la nouvelle structure est très souple», laissant la porte ouverte pour des acquéreurs stratégiques potentiels. L’analyste évalue à un peu moins de 10 milliards d’euros la valeur de TNT Express pour FedEx ou United Parcel Service (UPS), les plus probables prédateurs. Ils y verraient une cible de choix. La valeur de TNT Mail pourrait par ailleurs à ses yeux fluctuer entre 3 et 4 milliards d’euros, en fonction d’une cotation en Bourse ou d’une reprise par un groupe de private equity. Ces estimations correspondent à une sensible création de valeur, la capitalisation boursière de TNT atteignant aujourd’hui 7,5 milliards d’euros. Celles d’UPS et de FedEx s’élèvent à respectivement 70 et 28 milliards de dollars.
André Mulder pour Kepler Capital Markets constate de son côté que la décision de TNT «constitue un important revirement stratégique», le marché attendant une vente de l’activité de courrier traditionnelle.
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