ThyssenKrupp anticipe une chute de 70% de son bénéfice d’exploitation annuel
Si ThyssenKrupp anticipe une amélioration séquentielle de son bénéfice d’exploitation au second semestre de son exercice 2011-2012, cela ne suffira pas à compenser un premier semestre affecté par les pertes de démarrage de sa division aciers Amériques et par une faible demande dans sa division matériaux.
Le chiffre d’affaires des activités poursuivies, qui exclut sa filiale d’acier inoxydable Inoxum en cours de cession, s’est érodé de 1% à 20,5 milliards d’euros sur la période d’octobre 2011 à mars 2012, tandis que le bénéfice d’exploitation (Ebit) ajusté a plongé de 69% à 217 millions en rythme annuel. La perte nette publiée de 587 millions «inclut une contribution négative de 283 millions émanant de l’acier inoxydable», précise le bureau d’analyse de Kepler.
Heinrich Hiesinger, président du directoire de ThyssenKrupp, souligne «une évolution de la demande très satisfaisante dans les biens d’équipement», qui a contribué à faire progresser de 2% à 21,7 milliards le carnet de commandes. Malgré des marges comprimées par une concurrence intense et une évolution des prix négative dans les matériaux, il estime que le conglomérat industriel «a passé le pire en termes de résultats». Il n’en reste pas moins que l’Ebit ajusté d’environ 500 millions prévu pour l’exercice clos au 30 septembre 2012 traduit une chute de plus de 70% par rapport au bénéfice de 1,76 milliard dégagé un an plus tôt.
Après avoir annoncé la vente d’ici fin juin de la fonderie nord-américaine Waupaca au groupe de capital-investissement new-yorkais KPS Capital Partners, le groupe allemand est désormais prêt à se désengager totalement ou partiellement de ses nouvelles aciéries au Brésil et aux Etats-Unis, invoquant «un changement des paramètres économiques» dans ces deux pays. Les coûts de production plus élevés que prévu pour ces opérations ont d’ailleurs pesé sur le cash-flow libre des activités poursuivies, négatif à hauteur de 268 millions entre janvier et mars 2012.
En tenant compte du versement du dividende, la dette nette (incluant Inoxum) a ainsi augmenté de 9,1% à 6,5 milliards d’un trimestre sur l’autre, alors qu’elle ressort stable en rythme annuel. Finalement rassurés par la confiance affichée par le groupe en matière de cessions d’actifs, les investisseurs ont fait progresser l’action de 1,6% à 16 euros.
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