Thales et Dassault Aviation risquent de se voir un peu plus marginalisés
L’onde de choc provoquée par l’annonce du projet de rapprochement entre EADS et BAE Systems s’est propagée à l’ensemble de l’industrie européenne de la défense. «Si cette opération se réalisait, un mouvement de dominos se produirait immanquablement au niveau des fournisseurs mais également des concurrents à l’image de la vague de fusions des années 90 aux Etats-Unis», sont persuadés les analystes d’Oddo.
Selon les analystes d’AlphaValue, le rapprochement entre EADS et BAE serait un «désastre pour le reste de l’industrie». Ce mastodonte ferait naître un risque de forte pression sur les prix, car «le nouvel acteur pourrait concourir sur tous les appels d’offres» tout en étant «en position de pouvoir se présenter comme l’intégrateur global» au détriment des sous-traitants. «Les acteurs de taille intermédiaire (Nexter, Rheinmetal, DCNS) souffriraient d’une confiscation des budgets R&D par les plus gros acteurs», appuie Oddo.
Le rapprochement entre EADS et BAE vise notamment à améliorer la compétitivité d’Eurofighter, leur filiale commune d’avions de guerre en passe de perdre deux contrats d’importance. L’un en Suisse, devancé par Saab. Le second en Inde, battu par le Rafale de Dassault. Une meilleure coopération entre les deux groupes pourrait améliorer la compétitivité du Typhoon d’Eurofighter et venir ainsi contrarier l’amorce de dynamique commerciale du Rafale. «Dassault Aviation se trouverait clairement en situation de faiblesse sur l’échiquier européen», estime Oddo. La situation place d’ailleurs l’Etat français dans un acrobatique conflit d’intérêts. Actionnaire d’EADS, il détient aussi 27% du capital de Thales, l’un des principaux équipementiers du Rafale, un programme qui a coûté à l’Etat 43,5 milliards d’euros au total depuis son lancement.
Malgré l’échec cuisant des négociations menées l’an dernier, l’Etat pourrait donc chercher à relancer le projet de rapprochement entre Thales et Safran, dont il détient 30% du capital. Mais il lui faudrait alors convaincre la famille Dassault d’apporter ses 26% au capital de Thales. Un mécano complexe. Un problème de valorisation se poserait inévitablement. Thales capitalise environ 5 fois l’Ebitda attendu pour 2012 contre un multiple de 12 fois pour Safran.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France