Thales réalise un bon début d’année et lorgne certains actifs d’Atos
Le groupe de technologies et de défense Thales a confirmé mardi 30 avril ses perspectives pour 2024 et fait état d’une croissance soutenue de son chiffre d’affaires et d’un bond de ses prises de commandes au premier trimestre, grâce au dynamisme de ses activités dans la défense et la sécurité.
L’action s’est effritée de 0,3%, à 157,95 euros, au sein d’un CAC 40 en recul de 1%. Le titre a gagné plus de 18% depuis le début de l’année.
Au cours d’une conférence avec des analystes, Pascal Bouchiat, le directeur financier de Thales, a indiqué mardi que le groupe pourrait s’intéresser à certains actifs d’Atos liés à la défense et à la sécurité, s’ils étaient disponibles à la vente. Ces activités, qui représentent une petite partie de la division big data et cybersécurité (BDS) d’Atos, réalisent un chiffre d’affaires annuel de 200 millions à 300 millions d’euros, a ajouté le responsable.
Dans une note, Berenberg estime que l’acquisition de ces activités ne constituerait pas une opération majeure pour Thales et représenterait un montant «limité» à l'échelle du groupe.
Pendant cette même conférence, Pascal Bouchiat a toutefois insisté sur le fait que Thales n'était nullement intéressé par le rachat d’Atos ou de sa division BDS.
Au premier trimestre, le chiffre d’affaires de Thales a crû de 7,9% en organique sur un an, à 4,42 milliards d’euros, tandis que les prises de commandes ont progressé de 46% en organique, à 5,04 milliards d’euros.
Ces performances sont supérieures aux attentes, surtout pour les prises de commandes. Selon un consensus disponible sur le site internet de Thales, les analystes escomptaient en moyenne un chiffre d’affaires de 4,36 milliards d’euros et des prises de commandes de 3,65 milliards d’euros pour le premier trimestre.
Quatre grandes commandes dans la défense
Le groupe a vu ses prises de commandes dans la défense et la sécurité bondir de 127%, à 3,12 milliards d’euros, grâce à quatre grands contrats. Parmi ces derniers figurent notamment une tranche supplémentaire de 18 avions de combat Rafale destinés à l’Indonésie et une commande d’un système de surveillance aérienne pour un client militaire au Moyen-Orient, dont le nom n’a pas été précisé.
La publication trimestrielle de Thales a été globalement bien accueillie par les analystes. Bien que le premier trimestre ait bénéficié d’un «effet de comparaison favorable dans le secteur de la défense, ce solide début d’année montre que les difficultés d’approvisionnement et de recrutement s’atténuent», commente Oddo BHF, «ce qui redonne de l’optimisme».
De son côté, Jefferies salue une «très bonne entame» d’exercice, tandis que Berenberg juge cette publication «positive» et «encourageante».
Concernant ses perspectives, Thales vise toujours en 2024 une croissance organique comprise entre 4% et 6%, correspondant à un chiffre d’affaires de 19,7 milliards à 20,1 milliards d’euros, ainsi qu’une marge opérationnelle (Ebit) de 11,7% à 12%, en hausse de 10 à 40 points de base par rapport à 2023.
S’il «a visé et tiré juste» au premier trimestre, le groupe n’a pas relevé ses objectifs annuels, ce qui s’avère «quelque peu décevant», observe AlphaValue. Thales se montre prudent pour l’heure en raison d’un second semestre potentiellement moins dynamique que le premier, estime l’intermédiaire financier, qui pense néanmoins que la société pourrait revoir à la hausse ses perspectives plus tard dans l’année.
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