Tesco se résout à arrêter les frais sur sa filiale américaine Fresh & Easy
Pavillon bas! Tesco a cédé aux pressions du marché et de ses actionnaires en annonçant hier le lancement d’une revue stratégique visant sa filiale américaine Fresh & Easy. Cette dernière, composée de 200 magasins, a absorbé un milliard de livres (1,2 milliard d’euros) de capitaux depuis son lancement en 2007, sans jamais parvenir à dégager de résultats positifs. Le groupe franchit donc le pas après avoir souligné en octobre que toute nouvelle injection serait en grande partie conditionnée par le succès du plan de réduction de coûts.
Or, selon Tesco, «il est clair maintenant que Fresh & Easy ne dégagera pas de résultats acceptables par les actionnaires dans un délai approprié sous son format actuel». Certes les ventes ont marqué le pas au cours du trimestre écoulé (+1,8% en organique hors carburant contre +6,9% sur la période précédente). Le distributeur britannique a promis de rendre compte de l’avancée de ses travaux au plus tard lors de la présentation de ses résultats annuels en avril prochain.
D’ores et déjà, le patron de Fresh & Easy, Tim Mason, quitte le groupe après trente ans de présence. Le groupe n’écarte aucune hypothèse et précise avoir mandaté Greenhill pour l’assister. Tesco se targue d’avoir au cours des derniers mois «un certain nombre» de marques d’intérêt de la part d’interlocuteurs disposés à acquérir tout ou partie de Fresh & Easy ou de nouer un partenariat pour développer l’activité.
Si la cession semble l’option la plus envisageable, le directeur général Philip Clarke a indiqué qu’il était «probable, mais pas certain», que la procédure engagée signifie la fin de l’engagement de Tesco aux Etats-Unis.
L’annonce de la revue outre-Atlantique a coïncidé avec la publication d’un point d’activité trimestriel du groupe (13 semaines au 24 novembre) marqué par des situations géographiques contrastées, avec une amélioration en Asie (chiffre d’affaires en repli de 1,2% en organique hors carburant, 1,8 point de mieux qu’au trimestre précédent) opposée à une dégradation en Europe centrale (-3,6%, en repli de 2,8 points).
Surtout, l’activité au Royaume-Uni (-0,6%, -0,7 point) bénéficie encore insuffisamment aux yeux des observateurs du plan massif de relance initié au printemps et passant à ce jour par la présentation de plus de 3.000 nouveaux produits ou la rénovation de près de 300 points de vente. Cela en dépit d’un bond de 15% des ventes de l’épicerie en ligne.
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