Telefonica remue ciel et terre pour tenter de rassurer les agences
Avec une montagne de dette de 58 milliards d’euros et un contexte économique espagnol morose, Telefonica multiplie les initiatives pour tenter d’atténuer la pression pesant sur ses notations de crédit. Ces dernières se situent à la lisière de la catégorie spéculative, tant chez S&P (BBB, perspective négative) que chez Moody’s (Baa2, sous revue pour éventuel abaissement) et Fitch (BBB+, perspective négative). Les trois agences ont revu leur copie avant l’été, en mai ou en juin.
Après des années d’expansion à marche forcée soutenue par la croissance externe, le géant espagnol des télécommunications a fait vœu d’austérité sous la direction de Cesar Alierta. Vendredi, le groupe a annoncé avoir convenu de la vente à Bain Capital de sa filiale de centres d’appels Atento, qu’il avait renoncé à introduire en Bourse l’an passé. Une opération, destinée selon le vendeur à «accroître (sa) flexibilité financière», qui devrait être finalisée en fin d’année pour une valeur d’entreprise de 1,04 milliard d’euros tenant compte d’un financement accordé à Bain pour 110 millions. L’analyste Juan Rodriguez de Banco Sabadell relève que le prix est conforme aux ambitions initiales de Telefonica et supérieur de 30% aux estimations récentes relayées par la presse. L’accord de vente prévoit la poursuite de prestations de services par Atento pendant neuf ans.
L’annonce de la cession d’Atento survient pour Telefonica en plein préparatifs de l’entrée en Bourse de sa filiale allemande O2, dont le groupe pourrait céder 20% pour une capitalisation totale de 7,5 milliards d’euros. Citant des documents bancaires préparatoires à l’IPO, Bloomberg rapportait jeudi que Telefonica aurait reçu le 14 septembre de sa filiale un dividende 4,3 milliards d’euros et aurait annulé une promesse d’apport en capital de 2,9 milliards.
Ces opérations dévoilées la semaine passée, qui permettent à Telefonica de respecter pour l’heure son programme de cessions comme le souligne la recherche de RBS, constituent des «bonnes nouvelles» aux yeux des analystes taux d’Aurel. Ces derniers craignent qu’elles «ne suffiront cependant pas à atténuer la pression sur les notes de Telefonica en raison du contexte espagnol (économie et note souveraine)». Certes, le groupe, qui envisage en outre des introductions en Bourse en Amérique latine, a besoin de lever entre 7 et 8 milliards d’euros pas an d’ici 2015 afin d’honorer le paiement de ses dettes.
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