Telefonica est au centre des enjeux réglementaires du secteur en Europe
Telefonica devra encore patienter avant de connaître les décisions de Bruxelles sur la réorganisation de ses activités en Allemagne et en Irlande. Markus Haas, directeur de la stratégie de Telefonica Deutschland, s’attend désormais à ce que la Commission européenne approuve «d’ici à fin juin» le rachat de l’opérateur mobile E-Plus, filiale du néerlandais KPN. Les autorités européennes ont suspendu la semaine dernière l’examen de la transaction au motif que Telefonica «n’a pas fourni à la Commission les informations demandées dans les délais impartis».
Pour des raisons similaires, le verdict de la Commission sur la cession de sa filiale irlandaise O2 à Hutchison Whampoa a été repoussé au 20 juin. L’aval de Bruxelles devrait ici être facilité par la récente initiative prise par l’américain Liberty Global de lancer des services mobiles dans le pays via le câblo-opérateur. Une décision favorable sur ces deux dossiers, qui ferait passer de quatre à trois le nombre d’opérateurs de réseaux en Allemagne et en Irlande, pourrait donner le coup d’envoi à une concentration accélérée du marché des télécoms en Europe.
Une réglementation assouplie constitue un préalable au déploiement plus rapide de l’Internet mobile à très haut débit (4G) sur le Vieux Continent, qui a pris du retard par rapport à l’Amérique du Nord et à l’Asie. «Le besoin le plus pressant en ce moment pour le secteur en Europe est d’éliminer les doublons liés aux investissements dans les infrastructures», juge Tom Phillips, responsable du pôle réglementaire de l’Association des opérateurs GSM, qui représente 800 opérateurs mobiles dans 220 pays. Compte tenu de la tendance baissière des ventes, les investissements industriels des groupes européens ont représenté 18,8% du revenu par abonné l’an dernier, contre 16,1% en 2011.
Une concurrence toujours forte sur un marché saturé explique le plongeon de 10% du chiffre d’affaires domestique de Telefonica au premier trimestre. Afin de diversifier son offre, il vient de conclure un accord avec le groupe Prisa, en vue de prendre le contrôle de son activité de télévision payante (DTS) dont il détient déjà 22% du capital. Il déboursera 725 millions d’euros pour faire monter sa participation à 78%, le reste étant détenu par Mediaset. La moindre rentabilité des activités de Telefonica au Brésil, ainsi que des effets négatifs de change, ont également contribué au repli de 23,2% de son bénéfice net à 692 millions d’euros.
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