Telefonica devra redéfinir son rôle en tant qu’actionnaire de Telecom Italia

L’opérateur télécoms espagnol a vendu pour près de 140 millions d’euros d’obligations remboursables en actions Telecom Italia à l’horizon 2016
Yves-Marc Le Réour

Telefonica a confirmé vendredi avoir cédé des obligations remboursables en actions Telecom Italia, acquises en novembre 2013 pour un montant nominal de 103 millions d’euros. Un porte-parole de l’opérateur espagnol a précisé que l’opération, organisée par JPMorgan et bouclée mardi dernier, «avait généré un produit de cession de 139,6 millions d’euros», générant une plus-value de 35,5% en sept mois. Ces titres échangeables en 2016, qui offrent un coupon de 6,125%, avaient été souscrits dans le cadre d’une émission de 1,3 milliard d’euros réalisée par Telecom Italia.

Cette cession n’est pas anodine car elle intervient alors que le pacte d’actionnaires qui présidait aux destinées de l’opérateur italien est en voie de dissolution. Noué en 2007 entre Telefonica et les groupes financiers Mediobanca, Generali et Intesa Sanpaolo, ce pacte en vigueur jusqu’au 15 juin dernier était exercé via la holding Telco qui contrôlait 22,4% de l’opérateur transalpin. Mais Generali et Mediobanca ont fait savoir qu’ils allaient sortir de ce pacte, favorisant la montée en puissance d’investisseurs activistes comme Amber Capital qui détient un peu moins de 1% de Telecom Italia. Avec une participation indirecte de 15% à son capital, Telefonica est devenu son premier actionnaire.

Or l’endettement toujours élevé (27,5 milliards d’euros à fin mars) de Telecom Italia est à l’origine d’un désaccord persistant entre les deux groupes sur l’avenir de la filiale mobile de l’opérateur italien au Brésil. Les dirigeants de son homologue espagnol penchent pour une cession de Tim Brasil tandis que Marco Patuano, directeur général de Telecom Italia, souhaite maintenir cette filiale dans le giron du groupe, sans exclure un adossement ultérieur avec GVT, opérateur brésilien détenu par Vivendi. Cette solution serait contraire aux intérêts de Telefonica qui contrôle Vivo, premier opérateur mobile du pays devant Tim Brasil.

«La décision de Telefonica peut être interprétée comme une première manifestation de leur volonté de vendre leur participation dans Telecom Italia et de se retirer ultérieurement du marché transalpin», estime Angelo Drusiani, gérant de portefeuille chez Banca Albertini Syz à Milan. Il ajoute que l’opérateur espagnol, lui-même en phase de désendettement, a également pu craindre une baisse de la valeur des convertibles en cas de hausse des rendements obligataires dans les prochains mois.

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