Telecom Italia taille dans son dividende pour accélérer son désendettement
Malgré la croissance de son chiffre d’affaires et de son excédent brut d’exploitation (Ebitda) au Brésil et en Argentine, la récession sur son marché domestique n’a pas permis à Telecom Italia de réduire son endettement aussi vite que prévu. Sa dette nette ajustée s’élevait au 31 décembre à 28,3 milliards d’euros (cf. graphique), soit 2,3 fois sa capitalisation boursière, contre un objectif de 27,5 milliards. Si la maturité moyenne de sa dette brute a légèrement baissé d’une année sur l’autre (7,13 ans contre 7,26), la part à taux fixe est passée de 70% à 73,8% et le coût de la dette s’est amélioré de 200 pb à 5,4%.
Telecom Italia prévoit pour 2013 «un chiffre d’affaires stable et une légère érosion de l’excédent brut d’exploitation» ainsi qu’une faible progression de ces deux indicateurs entre 2012 et 2015. Mais les besoins grandissants en bande passante ne permettront pas de réduire les investissements industriels par rapport aux 5,2 milliards de l’an dernier ; ils devraient même légèrement augmenter avec un montant cumulé de 16 milliards sur 3 ans. La cession de Telecom Italia Media reste par ailleurs incertaine après la décision du conseil d’administration de repousser sa décision sur ce dossier.
«Il est probable que Telecom Italia soit dégradé par les agences de notation», juge Sam Morton, analyste crédit chez Mizuho. Le groupe est noté deux crans au-dessus de la catégorie spéculative par S&P et Moody’s, avec perspective négative. Pour accélérer son désendettement, l’opérateur va donc réduire de moitié son dividende, dont le montant annuel passera à 450 millions jusqu’en 2015, contre 900 millions versés en 2012 et 1,2 milliard en 2011. Il envisage aussi de renforcer son bilan en levant prochainement jusqu’à 3 milliards d’euros sous forme de dette subordonnée hybride.
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