Telecom Italia prépare une offre de rachat à 7 milliards d’euros pour GVT
Après la rencontre la semaine dernière entre Vincent Bolloré, président de Vivendi, et Marco Patuano, administrateur délégué de Telecom Italia, la contre-attaque de l’opérateur italien face à Telefonica au Brésil commence à se préciser. Le groupe transalpin a officiellement confirmé ce week-end son intérêt pour GVT, filiale du groupe français, en indiquant «réfléchir à l’opportunité de soumettre une offre à Vivendi pour créer un partenariat industriel qui comprendrait la fusion de leurs actifs brésiliens». Il a cependant ajouté qu’aucune offre n’avait été finalisée ou déposée à ce stade.
Selon Bloomberg qui se réfère au journal brésilien Folha de Sao Paulo, Telecom Italia prépare une offre en titres qui valoriserait sa cible jusqu’à 7 milliards d’euros, soit 300 millions de plus que dans le projet de rachat déposé début août par son concurrent espagnol. L’agence ajoute que Vivendi se verra proposer 20% du capital de Telecom Italia et une participation dans un nouvel ensemble rassemblant les filiales brésiliennes des deux groupes, à savoir GVT et TIM Participações. Une part de 20% prise par Vivendi dans l’opérateur transalpin vaudrait environ 3 milliards d’euros sur la base de la capitalisation actuelle de Telecom Italia, qui pourrait soumettre son offre à Vivendi d’ici à la fin du mois.
Deuxième opérateur de téléphonie mobile au Brésil derrière la filiale locale de Telefonica, Telecom Italia bénéficie du soutien du gouvernement italien qui a vu dans le mouvement de Telefonica, premier actionnaire de l’opérateur transalpin, une opération hostile. Mais avec une dette nette de 27,4 milliards d’euros au 30 juin dernier, qui plus est classée en catégorie spéculative par Standard & Poor’s et Moody’s, le groupe italien a besoin d’argent frais pour financer des investissements destinés à renverser la contraction de son chiffre d’affaires.
Un changement de contrôle de GVT devra de toute façon être auparavant étudié en profondeur par Anatel, le régulateur des télécoms au Brésil, ainsi que par la Cade, l’autorité de la concurrence du pays. Une réduction du nombre d’opérateurs pourrait en outre se heurter à la volonté des pouvoirs publics, le ministre de la communication Paulo Bernardo ayant récemment réitéré sa préférence pour davantage de concurrence sur le marché brésilien des télécoms.
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