STMicro renoue avec un bénéfice d’exploitation mais déçoit par sa prudence
Les indicateurs sont au vert pour le secteur des semi-conducteurs. STMicroelecronics vient ainsi de renouer avec les bénéfices au deuxième trimestre. La semaine dernière Intel avait annoncé qu’il dépasserait les attentes du marché au troisième trimestre et qu’il augmenterait son programme de rachat d’actions, tout en relevant légèrement sa prévision de hausse de chiffre d’affaires en 2014 à environ 5%.
Après onze trimestres consécutifs de perte, STMicro est revenu en territoire positif avec 98 millions de dollars de résultat d’exploitation. Une performance permise par l’amélioration continue de la branche SP&A (produits de détection et produits pour l’automobile), dont la marge d’exploitation a bondi de 3,5% à 10,5% en un an; et par la sortie du rouge de la division EPS (solutions de traitement embarquées), qui affiche une marge de 2,1%, contre -12,9% un an plus tôt. «Nous sommes agréablement surpris par l’amélioration de la rentabilité opérationnelle, bien qu’elle ne se traduise pas encore par une génération de trésorerie», notent les analystes de Banca Akros. Au deuxième trimestre, le cash flow libre était en effet négatif de 99 millions d’euros.
Bien que le chiffre d’affaires ait reculé de 8,9% sur un an (avec l’arrêt prévu des ventes de produits hérités de ST-Ericsson), il progresse en séquentiel de 2,1%, pour une marge brute de 34% en hausse de 120 points de base, tant sur un an que sur le premier trimestre.
Malgré cette amélioration encourageante, le groupe franco-italien table seulement sur une croissance séquentielle de 3% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, soit 1,92 milliard de dollars alors que le consensus Bloomberg espère 1,97 milliard (+6%). Kepler Cheuvreux misait sur une hausse séquentielle des ventes de 7%. Cette prévision très prudente a douché l’enthousiasme du marché. L’action STM n’a cessé de reculer hier, clôturant en baisse de 5,75% à 6,56 euros, lanterne rouge du SBF 120. «Des temps meilleurs sont à venir, mais qui pourraient être déjà reflétés dans les attentes du marché», ajoute Kepler Cheuvreux.
La prévision d’une hausse de 40 points de base de la marge brute à 34,4% au troisième trimestre est en ligne avec le consensus. Cette perspective «permet de crédibiliser l’idée qu’une marge brute de 36 à 38% est atteignable, ce qui est une condition essentielle pour atteindre l’objectif de marge opérationnelle de 10% en 2015», souligne Natixis.
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