Stellantis, à nous de vous faire préférer la voiture
Le meilleur moyen de partager la valeur, c’est d’en créer. Plutôt que nous faire préférer la voiture, les grévistes sauvages de la SNCF pourraient s’inspirer de Stellantis. Grâce à un bénéfice record de 18,6 milliards d’euros, le constructeur automobile peut gâter ses salariés même si l’exercice en cours s’annonce plus turbulent. Il entend leur redistribuer à chacun 4.100 euros en moyenne d’intéressement et de primes variables au titre de 2023, soit 1,9 milliard au total.
Le plan d’actionnariat salarié sera par ailleurs étendu cette année à 242.000 collaborateurs éligibles. Le premier du genre, lancé cet automne en France et en Italie, avait séduit près de 19.000 employés, soit 22% de la population ciblée. Tant mieux pour ceux qui ont dit oui, car le propriétaire de Peugeot et Fiat a aussi décidé de se montrer généreux avec ses actionnaires. Ils toucheront au moins 7,7 milliards en 2024 grâce à une hausse de 16% du dividende et à un doublement du montant des rachats d’actions, à 3 milliards. Sur cette enveloppe, 500 millions serviront d’ailleurs spécifiquement à couvrir le plan d’actionnariat salarié et à payer en titres les programmes de performance de certains cadres.
Le premier poste de partage de la valeur n’en reste pas moins le salaire. Aux Etats-Unis, la grève historique du secteur a coûté 3 milliards d’euros de ventes perdues à Stellantis et a permis aux syndicats d’obtenir 25% d’augmentation étalée sur cinq ans. La facture est salée pour l’employeur, mais elle règle la question de l'évolution du coût du travail outre-Atlantique jusqu’en 2028. C’est le jeu du conflit social, pour autant que celui-ci reste l’exception, et non la règle.
A lire aussi : Stellantis : John Elkann écarte tout nouveau projet de consolidation
Cet éditorial est également à retrouver dans la chronique hebdomadaire de L’Agefi, «Le cercle des initiés», publiée chaque vendredi dans l’Opinion.
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