Standard & Poor’s relègue Lafarge au rang d'émetteur spéculatif
Fortement anticipée (lire l’Agefi du 25 février), la sanction est tombée. Standard & Poor’s a perdu patience, reléguant Lafarge en catégorie spéculative. La note de crédit du cimentier français passe de «BBB-/A-3» à «BB+/B», assortie d’une perspective stable. L’agence de notation pointe du doigt un ratio de cash-flow sur dette nette sous les 15% fin 2010, alors qu’elle l’attend à un niveau près de deux fois supérieur pour prétendre à la catégorie «investment grade». Sa forte exposition au marché égyptien, où le groupe a dégagé 10% de son excédent brut d’exploitation en 2010, n’a pas joué en sa faveur.
La notation de Lafarge hérite désormais du statut de «crossover», «high yield» chez S&P et «investment grade» chez Moody’s. Une situation, expérimentée par exemple par le groupe Pernod Ricard, et qui va se traduire pour Lafarge par le renchérissement de certaines lignes obligataires protégées par des clauses d’accroissement du coupon (step up) de 125 points de base en cas de basculement dans la catégorie «high yield». Le cimentier a d’ores et déjà estimé cet impact à 20 millions d’euros en 2011 et 65 millions en 2012.
Pour autant, le groupe reste serein. Il a déjà préfinancé les tombées obligataires du premier semestre 2011 grâce au placement d’un milliard d’euros réalisé en novembre. Même si le besoin de recourir au marché obligataire ne semble pas urgent, Lafarge pourrait s’efforcer de maintenir sa position d'émetteur dynamique (ses financements proviennent aux trois quarts du marché obligataire), quitte à accepter une hausse de quelques dizaines de points de base de ses conditions de financement.
Le groupe entend en tout cas mettre en œuvre les moyens lui permettant de redorer son blason. Il a présenté lors de ses résultats annuels un programme de réduction de la dette nette (à activité constante), qui s'établissait à 14 milliards d’euros fin 2010, de deux milliards d’euros cette année grâce à une baisse de moitié de son dividende, à de nouvelles cessions d’actifs et à une limitation de ses investissements. Ce régime draconien doit lui permettre de retrouver un ratio de cash-flow sur dette nette supérieur à 20% dès la fin de 2011. Et renouer ainsi avec la catégorie «investment grade».
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe a rattrapé son retard de croissance sur Wall Street
Alors que l’attention des investisseurs se focalisait sur le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les entreprises européennes affichent, pour l’heure, une croissance bénéficiaire proche de 30% sur un an au troisième trimestre, équivalente à celle de leurs homologues américaines. Cela n’était pas arrivé depuis trois ans mais doit encore se concrétiser dans les cours. -
Les gestionnaires d'actifs affrontent le défi de la réversibilité technologique
Face à leur dépendance croissante aux prestataires externes, les sociétés de gestion cherchent à préserver leur autonomie de gouvernance. Lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi, elles ont montré que maîtrise des compétences, réversibilité et anticipation des risques sont devenues des enjeux de résilience opérationnelle. -
Tokyo compte bien séduire les investisseurs avec ses obligations résilience
Après le succès de sa première émission réalisée en 2025, le gouvernement de Tokyo souhaite développer le concept et créer un marché de la résilience afin de financer d’importantes infrastructures capables de protéger la population et l’économie du pays.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat -
Visé par de nouvelles hausses de taxes, le secteur aérien en pleine zone de turbulences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de multiples dispositions qui relèvent la fiscalité sur différents acteurs du secteur aérien, et qui pourraient répercuter ces taxes sur les prix des billets d’avion -
EditorialCNews, LFI : le piège démocratique
Pluralisme : pourquoi vouloir interdire CNews ou dissoudre LFI est un piège démocratique