Sprint et T-Mobile USA discutent à nouveau d’un éventuel rapprochement

La valorisation de la filiale de Deutsche Telekom et la gouvernance du nouvel ensemble restent des points d’achoppement
La rédaction

Le serpent de mer refait surface. Les rumeurs récurrentes de fusion entre Sprint Nextel et T-Mobile USA, la filiale américaine de Deutsche Telekom, ont alimenté la hausse des deux titres hier à la Bourse de New York et à Francfort. «En général, toutes les options sont ouvertes aux Etats-Unis», a répondu hier par courrier électronique le directeur financier de l’opérateur allemand, Timotheus Hoettges, qui a évoqué «la vente de tout ou partie de l’activité» mais aussi un partenariat ou une éventuelle entrée en Bourse.

Les faiblesses de Sprint et de T-Mobile USA, troisième et quatrième acteurs du marché américain du mobile, sont connues. Les deux opérateurs télécoms accusent un net retard en termes de croissance des revenus sur AT&T et surtout sur le numéro un Verizon Wireless. Sprint n’a enrayé qu’au quatrième trimestre 2010 la baisse des revenus et les défections de clients entamées après l’acquisition peu inspirée de Nextel en 2005. T-Mobile USA a perdu pour sa part 56.000 abonnés l’an dernier.

Les discussions ne sont cependant pas près d’aboutir, selon la presse anglo-saxonne. Plusieurs points d’achoppement perdurent. La valorisation des deux sociétés, tout d’abord. Si la capitalisation boursière de Sprint dépassait hier 14 milliards de dollars, la société a accusé une perte opérationnelle de 595 millions l’an dernier. Côté T-Mobile USA, les valorisations évoquées oscilleraient entre 15 et 20 milliards de dollars, mais rien ne dit que Deutsche Telekom se satisferait d’un tel montant. En position de faiblesse dans la négociation, la filiale a tout de même dégagé un Ebitda ajusté de 4,2 milliards d’euros en 2010, mais en baisse si on l’exprime en dollars.

La gouvernance est l’autre sujet qui fâche. Sprint souhaiterait conserver la majorité du nouvel ensemble fusionné avec T-Mobile USA. Dan Hesse, son directeur général, pourrait alors diriger la nouvelle structure. Mais Deutsche Telekom peut-il accepter ce partage des pouvoirs? Enfin, le périmètre est aussi sujet à discussion. Sprint détient 54% de Clearwire, sur lequel il s’appuie pour déployer la technologie 4G. Deutsche Telekom, qui accuse un certain retard en la matière, a déjà évoqué l’idée de racheter les activités de Clearwire.

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