Spie veut accroître sa marge de manœuvre pour financer sa croissance externe
En rachetant les activités de maintenance multitechnique et de services énergétiques de l’allemand Hochtief, Spie accélère d’un coup son développement en Europe centrale, une zone dans laquelle il était jusqu’ici faiblement implanté. Contrôlé à près de 90% par le fonds Clayton Dublier & Rice, associé à Axa PE et à la Caisse de dépôt et placement du Québec, le groupe d’ingénierie a réalisé l’an dernier moins de 1% de son activité en Allemagne, sur un chiffre d’affaires consolidé de 4,2 milliards d’euros.
Commencé en avril, le processus d’acquisition sous forme d’enchères a attiré d’autres candidats du secteur du BTP comme l’autrichien Strabag ou le finlandais YIT. Le montant de la transaction, qui s’élève à 250 millions d’euros, inclut «près de 10 millions de trésorerie nette», indique le communiqué du groupe. «Nous n’effectuerons pas d’augmentation de capital pour cette acquisition, qui sera financée au moyen de notre dette bancaire structurée», précise à L’Agefi Jérome Vanhove, directeur des fusions et acquisitions de Spie.
Selon Bloomberg qui se réfère à des sources proches du dossier, le groupe serait sur le point d’obtenir une ligne de crédit remboursable à 5 ans dont le montant a été relevé de 240 à 400 millions d’euros, avec une marge bancaire fixée à 450 points de base au-dessus de l’Euribor. Ce crédit syndiqué lui fournirait un matelas de liquidité suffisant pour lui permettre de poursuivre sa politique de croissance externe sur des cibles de taille moyenne, notamment en Europe du Nord où il cherche également à renforcer sa présence. La dette nette de Spie s’élevait à 1,2 milliard d’euros à fin 2012, soit 4,1 fois son excédent brut d’exploitation.
«A l’issue de la transaction qui devrait être bouclée avant fin septembre, notre chiffre d’affaires réalisé outre-Rhin avoisinera 650 millions d’euros, contre environ 30 millions en 2012», souligne Jérome Vanhove. Sur la base des comptes de l’exercice écoulé, le groupe français consolidera un chiffre d’affaires supplémentaire de 700 millions d’euros, dont 13% réalisé hors d’Allemagne. Il intégrera près de 6.000 nouveaux collaborateurs travaillant pour les deux tiers outre-Rhin. L’excédent brut d’exploitation pro forma des activités Service Solutions de Hochtief s’élevait l’an dernier à 32 millions d’euros pour un carnet de commandes de 1,8 milliard.
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