Solvay se renforce aux Etats-Unis pour profiter de l’explosion du marché pétrolier
L’acquisition en numéraire par Solvay de Chemlogics, pour 1 milliard d’euros dette incluse, va permettre au groupe belge de renforcer sa position concurrentielle dans les spécialités chimiques permettant l’extraction d’hydrocarbures, un marché équivalent à près de 6 milliards d’euros aux Etats-Unis. La société californienne non cotée, qui réalise 370 millions d’euros de chiffre d’affaires et dégage une marge brute de 25%, développe en effet des solutions dédiées à la stimulation et à la cimentation des puits de pétrole et de gaz. Elle possède trois usines d’une capacité annuelle de plus de 300.000 tonnes, huit centres de formation et six unités de recherche.
La valeur d’entreprise de la cible, conseillée par CDI Global, correspond à 10,7 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda) des douze derniers mois, niveau ramené à 8,7 fois compte tenu d’effets fiscaux favorables. Ce prix de rachat «n’est pas bon marché, même pour une activité représentant un potentiel de croissance à deux chiffres en Ebitda, avec un effet relutif en cash et en bénéfice par action dès la première année», estiment les analystes de Kepler Cheuvreux.
Mais Solvay mise sur «d’importantes synergies» entre sa division Novecare et Chemlogics, dues à la complémentarité de leur portefeuille de produits, de leur clientèle et de leur R&D. Les deux activités ont également en commun une faible intensité capitalistique, qui correspond à l’un des axes stratégiques de développement du groupe.
Conseillé par Goldman Sachs, Solvay financera cette opération sur sa trésorerie, qui s’élevait en montant brut à 2 milliards d’euros à fin juin. Il a néanmoins l’intention d’émettre «un emprunt obligataire hybride d’environ 1 milliard d’euros afin de renforcer son bilan, avant l’ouverture d’opportunités de remboursement d’une partie de sa dette à partir de 2014». Selon une source proche du dossier, cette émission hybride «pourrait avoir lieu avant le bouclage définitif de la transaction prévu d’ici fin 2013».
Ce mode de financement est comptabilisé à 50% en dette et à 50% en fonds propres par les agences de crédit, et intégralement en fonds propres selon les normes IFRS. Noté Baa1 par Moody’s et BBB+ par S&P, avec une perspective négative, Solvay pourrait notamment exercer à partir d’avril 2014 son option de rachat anticipé sur une souche high yield 2018 de 500 millions d’euros émanant de Rhodia, qui sert un coupon de 7%.
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