«SMABTP offre 58 euros par action pour payer la prise de contrôle de STE»
- L’Agefi : Offrir 58 euros par action, 21% au-dessus de votre offre initiale de 48 euros, n’est-ce pas trop cher payé?
- Hubert Rodarie : Nous conservions dès l’origine une marge d’appréciation. Nous avions opté pour la prudence en raison des risques importants de contentieux et de l’allongement de la durée des recours. Ce qui s’est avéré justifié. Nous avions pris aussi en compte l’état du marché, avec la baisse des loyers et la fragilisation des valorisations de certains types d’actifs, certains présents dans le portefeuille de STE. Par deux fois, le premier président de la cour d’appel de Paris a rejeté les demandes de sursis à exécution à l’encontre de nos offres. Il vient même de condamner à 16.000 euros notre adversaire. De même l’AMF a refusé deux fois de proroger l’offre pendant la durée des recours. Sur le seul motif de recours restant, l’ACPR, sollicitée par l’avocat général, a confirmé notre capacité à déposer une OPA. Nous estimons avoir dépassé ces risques contentieux et pouvons donc offrir 58 euros par action pour payer la prise de contrôle, soit l’actif net réévalué à fin 2013 de STE. Un prix qui devrait séduire tous les actionnaires.
- Le temps n’a-t-il pas joué en votre faveur?
- Depuis la fin janvier, les différents protagonistes ont fini par révéler leurs véritables intentions. Si Chuc Hoang avait déclaré initialement qu’il n’avait pas vocation à prendre le contrôle de STE, il a pourtant lancé une contre-offre. Maintenant que les manœuvres dilatoires sont écartées, le marché va pouvoir jouer pleinement son rôle. Aussi, nous avons supprimé le seuil de renonciation et la SMABTP a l’intention d’acheter des actions Tour Eiffel sur le marché.
- Quelle est votre stratégie pour la STE?
- Notre projet n’a pas été modifié. Nous voulons prendre les moyens de doubler le portefeuille de STE d’ici à trois-cinq ans, en intervenant principalement en Ile-de-France, misant sur le développement du Grand Paris. Aussi, nous estimons nécessaire un rapide renforcement des fonds propres, auquel nous participerons, pour abaisser le niveau d’endettement (LTV) de 47% à 30-35%, afin de pouvoir saisir toutes les opportunités de croissance et d’investissement. On ne peut pas créer de valeur sans investissements. C’est une politique très différente de celle proposée par Chuc Hoang, qui nous semble manquer d’ampleur et privilégier davantage une approche patrimoniale intégrant des contraintes fiscales et successorales.
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