Siemens devra préciser ses intentions sur Alstom
Alors qu’il n’a toujours pas remis d’offre formelle sur Alstom, Siemens sera forcément interrogé sur ses intentions sur le groupe français demain lors de la présentation de sa nouvelle stratégie. D’autant que le conglomérat semblait jusque-là s’orienter en priorité vers des cessions d’actifs non stratégiques et une réorganisation coûteuse en emplois.
Le groupe pourrait ainsi annoncer la vente de la majorité du capital de sa filiale autrichienne VAI Metals Technologies à Mitsubishi Heavy Industries, ainsi que celle de sa branche de logistique et de services aéroportuaires à un consortium d’investisseurs mené par l’homme d’affaires américain Wilbur Ross. Prévue depuis 18 mois, la vente de cette activité de logistique s’accompagnerait du maintien d’une participation minoritaire de Siemens, qui conserverait alors un droit de regard sur la gestion des effectifs de l’entreprise basée à Constance. Employant 3.500 personnes, celle-ci dégage une marge opérationnelle d’environ 5% sur un chiffre d’affaires proche de 900 millions d’euros.
Siemens pourrait également se désengager de BSH, sa coentreprise avec Bosch dans les équipements électroménagers, qui affichait l’an dernier un chiffre d’affaires de 10,5 milliards d’euros pour un effectif de 50.000 personnes. «Ces opérations de recentrage s’inscrivent dans un plan de réorganisation plus ambitieux que prévu», souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung qui anticipe l’éclatement des quatre grands métiers du groupe (énergie, santé, industrie, infrastructures) en une dizaine de divisions, avec à la clef la suppression de 5.000 à 10.000 postes.
La mise en œuvre de cette stratégie contribuera à renforcer la structure de bilan de Siemens qui affichait au 31 décembre 2013 un endettement net de 11,7 milliards d’euros, en hausse de 9,8% par rapport au trimestre précédent. La note de crédit (Aa3) du groupe est d’ailleurs toujours placée sous perspective négative par l’agence Moody’s, alors que celle de Standard & Poor’s (A+) est assortie d’une perspective stable.
Si les chances de Siemens d’acquérir la branche énergie d’Alstom semblent limitées face à General Electric, le renforcement de la position concurrentielle du groupe allemand dans ce secteur pourrait provenir du rachat de l’activité énergie de Rolls-Royce pour un montant évalué à un milliard d’euros, dix fois moins que la valeur de l'énergie d’Alstom.
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