SFR et Numericable songent à créer un acteur majeur du très haut débit internet
Dans l’univers en pleine ébullition des télécoms, marqué par l’arrivée tonitruante de Free au printemps dernier, la piste d’un rapprochement entre SFR et Numericable se dessine. Selon Le Figaro daté de samedi et le Journal du Dimanche, la filiale de Vivendi, deuxième opérateur mobile français, et le câblo-opérateur français ont entamé des pourparlers il y a trois semaines. Les discussions «avancent bien», selon un participant cité par le JDD. D’après Le Figaro, Vivendi a mandaté BNP Paris et Goldman Sachs pour le conseiller sur cette opération, tandis que Numericable serait épaulé par Morgan Stanley et JPMorgan.
Sur le papier, le schéma verrait Vivendi prendre 49% de la nouvelle structure, de manière à pouvoir déconsolider sa filiale de son bilan. Les deux sociétés affichant un écart de valorisation conséquent - 15 milliards d’euros pour SFR contre 4 à 5 milliards pour Numericable - Vivendi recevrait une compensation en numéraire de l’ordre de 4 milliards d’euros. Le bénéfice en termes d'économies de coûts serait chiffré autour du milliard d’euros, selon une source proche du dossier.
Les actionnaires de Numericable, les fonds d’investissement Cinven, Carlyle et Altice, pourraient ainsi voir leur actif relancé par un adossement à une marque phare des télécommunications en France. Numericable équipe 500.000 clients en très haut débit, alors que dix fois plus de foyers sont prêts à recevoir ses services. SFR, de son côté, ne compte que 100.000 clients en internet très haut débit.
Mais comme le souligne le JDD, cette idée de rapprochement ne serait qu'«une option parmi d’autres et pas le scénario préféré de Vivendi». Ce dernier pourrait aussi revendre SFR à Vodafone, auprès de qui il a pourtant repris 44% des parts en 2011. Cette option se traduirait par une perte dans les comptes mais elle serait plus clémente sur le plan des emplois.
L’avenir de SFR doit être évoqué lors d’une rencontre demain à Bercy entre Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, et les ministres du Redressement productif et de l’Economie numérique. L’autre option serait de scinder l’activité puis de l’introduire en Bourse. Cela nécessiterait toutefois de céder deux autres filiales de téléphonie : GVT et Maroc Télécom. Des cessions qui restent encore à concrétiser.
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