Sequana met fortement à contribution ses créanciers
Trois restructurations financières en trois ans. Sequana n’arrive pas à s’extirper de la zone rouge. Le fabricant de papier d’impression ou d’écriture, détenu à 20,09% par l’Etat via Bpifrance, vient de trouver un accord de principe avec ses banques à la fois au niveau du groupe et de ses deux principales entités, Arjowiggins et Antalis. Au total, près de 950 millions d’euros de dette seront restructurés, dont 164 millions seront purement et simplement abandonnés.
En parallèle, Arjowiggins, qui concentre les plus grandes difficultés opérationnelles, sera réorganisée afin de recentrer la division sur les papiers de spécialités. Deux usines françaises, Wizernes et Charavines, sont menacées de fermeture si le groupe ne trouve pas de repreneur.
A elle seule, Arjowiggins représente 400 millions d’euros de la dette restructurée, dont 155 millions seront abandonnés. 125 millions d’euros seront convertis en obligations remboursables en numéraire et en actions nouvelles et existantes (Ornane) sans intérêt mais donnant accès, à l’horizon décembre 2020, à 30% du capital de Sequana. 20 millions d’euros seront échangés contre des «disposal proceeds notes» remboursables en numéraire en fonction des cessions d’actifs. Enfin, 100 millions d’euros seront maintenus en deux tranches amortissables à échéance 2020, contre une précédente maturité à 2015.
Chez Antalis, 200 milions d’euros de dette seront refinancés via un programme d’affacturage qui doit être mise en place avant la fin de l’année. Les 320 millions d’euros de dette résiduelle seront rééchelonnés avec une maturité repoussée à 2018, l’objectif étant de permettre à la division de se développer par acquisitions. Enfin, au niveau de Sequana, la structure de tête, 26 millions de dette sont restructurés, dont 7 millions via des obligations remboursables en actions, donnant droit à 2,5% du capital de Sequana en décembre 2020. Le solde est pour moitié maintenu et pour moitié abandonné.
Pour obtenir ce refinancement, les actionnaires de Sequana sont mis à contribution. Bpifrance, Exor et Allianz sont prêts à souscrire 48 millions des 64 millions de l’augmentation de capital et à garantir le solde. Les actionnaires avaient déjà injecté 150 millions en 2012, dont 40% pour Bpifrance. La société ne versera pas de dividende pour 2013, exercice pour lequel elle a perdu 301 millions d’euros nets, dont 262 millions de dépréciations d’actifs.
Plus d'articles du même thème
-
CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
Via sa filiale Colis Privé, l’armateur veut acquérir les activités en France, en Espagne et au Portugal de Paack. -
Les lauréats du Students Challenge organisé par Natixis IM défient la crise ESG
Le concours annuel organisé par Natixis IM a réuni lors de la finale trois équipes au cours de laquelle chacune a défendu sa stratégie d’investissement multi-actifs intégrant des contraintes ESG. -
Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
Plusieurs bureaux tempèrent leurs attentes sur le redressement de la marque principale du groupe de luxe.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Planqués« Il faut que quelqu'un se lève » : les élus du bloc central pas pressés de soutenir Attal, Philippe ou Retailleau
Prudents, les élus repoussent l'heure du choix de leur candidat à la présidentielle de peur de miser sur le mauvais cheval -
Les recettes du pétrole reviennent, mais les Iraniens devront patienter pour en profiter
Les rentrées d’argent auront un impact négligeable pour les citoyens ordinaires -
In folioEncre noire et maillot jaune : Farge monte en selle
Le Monde du Tour restitue bien l’atmosphère de l’événement, son côté éphémère, ses moments de tension, ses creux