SeLoger.com est valorisé entre 37,1 et 40 euros l’action par l’expert indépendant
Hier en fin de journée, l’AMF a publié sur son site la note de SeLoger.com en réponse à l’offre hostile d’Axel Springer. A cette fin, le conseil de surveillance de SeLoger.com avait nommé le 4 octobre dernier le cabinet Finexsi en qualité d’expert indépendant.
Ce dernier a retenu une fourchette de valorisation de 37,1 à 40 euros par action, soit de 9 à 18% au-dessus de l’offre en cours à 34 euros par titre. Une cible conforme avec les consensus Bloomberg et FacSet qui fixent peu ou prou un objectif de 40 euros. «Le prix offert conduit à constater une décote de 8,3% sur la base du critère des comparables boursiers, lequel correspond à une approche minoritaire, et une décote de 14,9% sur la base du DCF, critère dominant dans le cadre d’une prise de contrôle majoritaire», conclut le rapport d’expertise indépendante. Sur la base de l’actualisation des flux de trésorerie futurs (DCF), Finexsi valorise une action SeLoger.com entre 37,9 et 42,3 euros, là où Axel Springer ne proposait que de 29,3 à 33,3 euros. En effet, SeLoger.com rappelle que le groupe table sur une croissance moyenne annuelle de plus de 10% du chiffre d’affaires sur 2009-2016 pour une hausse de la marge d’Ebitda vers au moins 55%, quand Axel Springer retient une baisse progressive de la croissance des ventes et de la marge d’Ebitda pour atteindre respectivement 3% et 52% en 2018.
Conseillé par Nomura, SeLoger.com considère que l’offre d’Axel Springer manque de transparence, s’inscrivant dans le cadre d’une prise de contrôle rampante en raison de l’absence d’un seuil de renonciation, et d’un prix maintenu à 34 euros malgré l’opposition des principaux actionnaires, pesant 49% du capital. Au regard des conclusions de l’expertise indépendante, le conseil de surveillance de SeLoger.com juge l’offre, «inamicale», ni conforme à l’intérêt de la société, ni à celui de ses salariés et de ses actionnaires, et recommande à l’unanimité «de ne pas apporter» à l’offre.
L’AMF doit maintenant rendre son avis de conformité sur l’offre d’Axel Springer avant le 3 novembre, jour du prochain collège de l’AMF. Toutefois, dans la deuxième version de son projet, Axel Springer a retiré les dates indicatives de l’offre. Il faudra donc peut-être attendre le collège du 16 novembre pour connaître l’avenir de l’offre. En attendant, SeLoger ne cote plus que 35,65 euros en Bourse, en recul de 6% depuis l’annonce du projet.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Sky et ITV réunissent leurs forces face aux géants mondiaux du streaming
La filiale de Comcast déboursera jusqu’à 1,6 milliard de livres pour le rachat d’ITV Media and Entertainment. Le nouvel ensemble pèsera 20% de l’audience britannique, derrière la BBC et devant YouTube.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon