Scindé de PostNL, TNT Express bénéficie d’un bilan solide

La dette obligataire reste logée dans l’activité courrier de la poste néerlandaise. PostNL conservera pendant au moins six mois 29,9 % de TNT Express
Yves-Marc Le Reour

Présenté en décembre 2010, le projet de scission des activités de courrier express du groupe néerlandais TNT va pouvoir être mis en œuvre sans délai, après que les actionnaires ont voté à 99,7% en faveur de cette réorganisation à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue hier. Rebaptisé PostNL, TNT conservera pendant au moins six mois une participation de 29,9% dans TNT Express qui sera coté dès aujourd’hui sur Euronext Amsterdam.

Une recommandation négative de vote avait pourtant été émise par l’un des cabinets de conseil aux actionnaires, principalement en raison d’une clause dans les statuts de PostNL lui donnant la possibilité d’émettre des actions préférentielles réservées à une fondation («Stichting») chargée de «promouvoir les intérêts de l’entreprise et de ses parties prenantes». Ce cabinet arguait du fait que ces titres pourraient jouer le rôle de pilule empoisonnée en cas d’OPA. Or, «une fusion avec un concurrent comme FedEx ou UPS pourrait générer d’importantes synergies de revenus et de coûts», jugent les analystes de RBS.

Malgré une perte d’exploitation de 79 millions au premier trimestre 2011, le profil financier de TNT Express apparaît solide puisque son endettement net représentait seulement 0,3 fois son excédent brut d’exploitation (EBE) au 31 mars dernier (données pro-forma). La dette obligataire restera logée au sein de PostNL, responsable de l’activité de courrier aux Pays-Bas et à l’international, qui affiche un ratio d’endettement de 1,4 fois son EBE. La note de crédit attribuée à TNT Express par S&P et Moody’s est respectivement «BBB+» et «Baa1» assortie dans les deux cas d’une perspective stable. La note est identique pour PostNL, mais avec une mise sous surveillance négative pour S&P, alors que Moody’s avait dégradé sa note d’un cran fin 2010.

Suite à cette scission, les deux entités disposeront chacune «d’une ligne de crédit revolving à 5 ans non utilisée de 570 millions d’euros», soulignent les analystes crédit de Tullett Prebon. En raison «du risque d’une éventuelle reprise par un fonds de private equity», ceux-ci privilégient la souche obligataire 2017 de PostNL qui porte un coupon de 5,38% car ces obligations bénéficient «d’une clause de changement de contrôle déclenchant une option de vente», ce qui n’est pas le cas de la souche 2015 qui sert un coupon de 3,88%.

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