Sanofi-Aventis s’apprête à céder sa dermatologie
Peu après avoir finalisé le rachat de Genzyme pour 20 milliards de dollars, Sanofi-Aventis fait le ménage dans ses activités outre-Atlantique. La filiale américaine du laboratoire français «étudie des solutions alternatives pour son activité américaine en dermatologie, dans la continuité de sa stratégie visant à concentrer ses ressources sur des domaines à fort potentiel de croissance comme le diabète, l’oncologie et la fibrillation auriculaire».
Si le laboratoire se refuse à en dire plus, un premier tour de table aurait déjà eu lieu la semaine dernière et Deutsche Bank aurait reçu un mandat de Sanofi-Aventis pour la vente de cette activité, selon l’agence Bloomberg, qui voit plutôt des sociétés de private equity comme candidats.
Cette unité, autrefois connue sous le nom de Dermik Laboratories, est un héritage d’Aventis. Elle détient en portefeuille trois principaux produits : BenzaClin, pout soigner l’acné; Carac, dans le traitement des kératoses pilaires; et Sculptra un injectable pour corriger les rides faciales. Toutefois, le groupe ne publie pas leurs comptes et se refuse à communiquer le chiffre d’affaires et la rentabilité de ces produits. Les ventes seraient aujourd’hui d’environ 180 millions d’euros. «Dans les années 90, quand Dermik réalisait des ventes de près de 300 millions d’euros, R-P Rorer, et Aventis par la suite, avaient déjà essayé de le vendre mais personne n’en avait voulu, commente un analyste. Si l’entreprise était finalement vendue 1,5 fois son chiffre d’affaires, pour une activité déclinante ce ne serait pas mal».
Cette activité devrait valoir de 200 à 300 millions d’euros selon des sources anonymes citées par Bloomberg. Une valorisation affectée par l’existence de génériques du BenzaClin. En 2009, Sanofi-Aventis avait déjà passé 89 millions d’euros de dépréciations sur BenzaClin pour cette raison.
Quoi qu’il en soit, à l’échelle du groupe, cette opération reste à la marge, par rapport aux 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires dégagés par Sanofi-Aventis l’an dernier, sans compter les 4 milliards de dollars de vente de Genzyme. «Il s’agit simplement de réorganiser les priorités à l’intérieur du groupe», confie un analyste. D’ailleurs, à l’automne 2009, Chris Viehbacher, le patron de Sanofi-Aventis avait expliqué que la franchise dermatologique était à construire ou qu’il fallait en sortir. La réponse vient d’être apportée!
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