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Safran complète son portefeuille d'activités dans les systèmes électriques embarqués
Safran complète son portefeuille d’activités dans les systèmes électriques embarqués
Le rachat de Goodrich Electric Power Systems (GEPS), payé 310 millions d’euros, représente plus de deux fois le chiffre d’affaires de la cible
Publié le
Yves-Marc Le Reour
En rachetant pour 310 millions d’euros en numéraire les systèmes électriques aéronautiques de Goodrich (Goodrich Electric Power Systems-GEPS), Safran renforce ses compétences sur un marché susceptible d’atteindre «4 à 5 milliards de dollars à long terme» (entre 3 et 3,8 milliards d’euros). Le motoriste français devient «le seul équipementier présent sur toute la chaîne de valeur de l’avion électrique», relèvent par ailleurs les analystes d’Oddo Securities. Ils ajoutent que Safran comble ainsi ses lacunes dans la génération et la distribution électrique, qui remplace progressivement les systèmes hydrauliques ou pneumatiques. L’acquisition devrait être bouclée «fin 2012 ou début 2013».
GEPS, qui emploie 560 personnes au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, est valorisé «plus de 2 fois son chiffre d’affaires et environ 20 fois son bénéfice d’exploitation pour 2012», selon les calculs de Cheuvreux Crédit Agricole. La plupart des analystes parisiens jugent ces multiples de rachat élevés, compte tenu d’une marge d’exploitation de la cible inférieure à 5% et de l’absence d’effet relutif sur les bénéfices de Safran en 2013. Mais dans cette opération, Goodrich, filiale de United Technologies, apporte également au motoriste sa participation de 60% dans Aerolec, coentreprise avec Thales et sous-traitante d’Airbus dans la génération électrique des programmes A380 et A400M.
Actionnaire de Safran avec 3% du capital, le fonds britannique The Children’s Investment Fund (TCI) considère aussi cette transaction comme stratégiquement pertinente mais chèrement payée. «L’opération ne couvrira pas le coût du capital de Safran à court terme et les bénéfices devront progresser rapidement pendant plusieurs années pour que la transaction soit créatrice de valeur», souligne Edgar Allen, associé chez TCI.
Le fonds activiste avait critiqué la semaine dernière la politique de croissance externe de Safran, en se disant opposé à une nouvelle offre sur Zodiac. «Une opération potentielle avec Zodiac n’est clairement plus d’actualité», estime désormais le bureau d’analyse de Kepler, en rappelant que la tentative avortée de Safran en 2010 visait notamment à élargir son portefeuille de produits dans les équipements électriques. La réaction des investisseurs a été positive, entraînant hier une hausse de 1,9% à 30,2 euros de l’action Safran.
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