Rio Tinto et BHP Billiton cèdent face au poids du lobbying chinois
BHP Billiton et Rio Tinto jettent l’éponge. Les seize mois d’efforts consentis pour faire aboutir leur projet de coentreprise de production de minerai de fer de quelque 116 milliards de dollars (83 milliards d’euros) auront finalement été vains. La décision est tombée ce matin à Melbourne, les autorités de la concurrence et les sidérurgistes ayant finalement eu raison des ambitions des deux géants miniers.
Le projet était ambitieux, trop ambitieux pour laisser le secteur de la sidérurgie et les régulateurs sans réaction. «Le montant total des synergies offertes par une coentreprise à 50% méritait bien que l’on poursuive le projet», regrette le président de Rio Tinto, Tom Albanese. Le deuxième et le troisième producteur mondiaux de minerai de fer tablaient sur des économies de 10 milliards de dollars de synergies en combinant leurs mines,voies de transports ferroviaires et maritimes dans la région de Pilbara située dans l’Ouest de l’Australie.
Marius Kloppers, directeur général de BHP Billiton, explique que «il devenait évident que la transaction n’avait aucune chance d’obtenir l’aval des autorités». Les groupes de sidérurgie, notamment en Chine, étaient fermement opposés au projet craignant une concentration trop forte de la production, et donc du pouvoir de fixation des prix, dans les mains des poids lourds du secteur. Les deux sociétés, avec le brésilien Vale, représentent à eux seuls les deux tiers de la production mondiale de minerais, alors que la Chine importe environ 50 millions de tonnes de minerais par mois notamment en partance de la région de Pilbara, la plus proche de ses côtes. Mais la Chine n’était pas seule à s’opposer au projet, les autorités européennes, australiennes, coréennes et japonaises avaient également fait savoir aux deux groupes leur ferme intention de ne pas laisser le projet aboutir.
Le projet, annoncé en 2009, devait donner à chacune des sociétés la moitié de la production dans la région de Pilbara, BHP devant cependant verser 5,8 milliards de dollars à Rio Tinto pour équilibrer la transaction, une somme cependant jugée insuffisante par nombre d’analystes. «Rio a plus à gagner que BHP dans l’arrêt du projet car ils bénéficient de plus d’infrastructures» estime Tim Schroeders, gérant chez Pengana. Cette décision pourrait ouvrir la porte à une collaboration entre BHP et l’australien Fortescue.
Plus d'articles du même thème
-
Antin poursuit un laborieux rebond en Bourse après son point trimestriel
En dépit d'une hausse d'environ 15% depuis les nouveaux planchers historiques touchés en octobre, l'action de la société d'investissement spécialisée dans les infrastructures reste loin de son niveau de début d'année, malgré des sorties record au troisième trimestre qui accélèrent les distributions aux investisseurs. -
SES décolle en Bourse après un troisième trimestre meilleur qu'attendu
Porté par l'intégration d'Intelsat, l'opérateur satellitaire affiche un excédent brut d'exploitation en forte hausse à 413 millions d'euros entre juillet et septembre -
Commerzbank dévoile des résultats en forte hausse avant sa reprise par UniCredit
La banque allemande se dit désormais convaincue de la capacité du rapprochement avec sa concurrente italienne à créer de la valeur alors que ses résultats depuis le début de l'année atteignent des records.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre
Santé : cessons de confondre bricolage budgétaire et réforme !
Combien de temps encore traiterons-nous les symptômes budgétaires d’un système que nous refusons de transformer en profondeur ? -
Tribune libreCessions de parts de SCI : attention à la nullité
Passé inaperçu cet été, un changement de règles fiscales modifie les modalités de cession des parts de SCI, y compris familiales, entre associés -
ÉvasionA chacun son Himalaya
Nichée au pied du toit du monde, cette retraite signée Six Senses attire, aux confins de l’Inde, une clientèle de dirigeants, curieux de l’ayurvéda et célébrités incognito, venue chercher un antidote à une folle époque.