Renesas bénéfice des faveurs du fonds stratégique d’investissement nippon
Un vent de patriotisme économique souffle sur Tokyo. En coulisses pour l’heure seulement, le bénéficiaire de la manne publique, Renesas, ayant indiqué que rien n’était encore signé. A en croire le quotidien Nikkei hier pourtant, l’accord sera dévoilé publiquement début décembre.
Il s’agit d’offrir une bouffée d’oxygène au numéro un mondial des microcontrôleurs, ces circuits intégrés aux multiples usages, cousins des microprocesseurs des ordinateurs individuels. Mobilisés il y a quelques mois du fait de l’intérêt pressenti de KKR pour le rachat de Renesas, les pouvoirs publics japonais soucieux de préserver les intérêts nationaux volent ainsi au secours du groupe.
De sources concordantes, le fonds public-privé INCJ (Innovation Network Corp of Japan) s’apprêterait à acquérir une part voisine de deux tiers du capital pour quelque 180 milliards de yens, l’équivalent de 1,7 milliard d’euros.
Ce fonds créé en 2009 avec pour ambition de promouvoir le secteur technologique nippon est piloté par le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, auquel se sont associés une vingtaine de partenaires parmi les principales banques et groupes technologiques de l’Archipel.
Mitsubishi, Hitachi et NEC, qui détiennent aujourd’hui 90% du capital, en conserveraient une part minoritaire. Le premier actionnaire accepterait selon le Nikkei dans le cadre de l’accord à venir le transfert de quelques centaines de salariés, tandis que les deux autres financeraient un plan de départs anticipés à hauteur d’un milliard de yens chacun.
En outre, huit groupes industriels prêteraient ou investiraient en capital un montant cumulé de 20 milliards. Parmi eux, Toyota et Nissan, clients de premier plan de Renesas. C’est précisément cette présence au sein du secteur automobile (Renesas était à l’origine de la rupture de la chaîne d’approvisionnement subie par les constructeurs l’an passé dans le sillage du tremblement de terre de mars) qui semble avoir favorisé la motivation des pouvoirs publics, toujours nécessaire après que quatre banques ont accordé en septembre un prêt de 161 milliards de yens à Renesas.
Le groupe nippon en perte de vitesse aurait convenu, en échange du plan, de renforcer ses mesures de restructuration, qui sont déjà passées par la suppression de 7.000 postes sur 42.000 environ sur l’exercice fiscal et la promesse de fermeture de huit de ses dix-huit usines domestiques d’ici à trois ans.
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