Renault avait besoin d’un « nouveau souffle »
Un «nouveau patron» pour donner «un nouveau souffle» à Renault. Jean-Dominique Senard, le président du conseil d’administration de Renault, a justifié ainsi la révocation avec effet immédiat dans la matinée du directeur général Thierry Bolloré. Lors d’une conférence de presse tenue au siège du constructeur automobile à Boulogne-Billancourt, le président de Renault a reconnu qu’il aurait préféré que Thierry Bolloré démissionne. Dès hier soir, et alors que le scénario de sa révocation circulait depuis mardi, Thierry Bolloré avait dénoncé dans Les Echosun «coup de force» du conseil d’administration.
Jean-Dominique Senard a précisé que le conseil d’administration n’avait pas encore statué sur les indemnités de départ du directeur général.
La direction générale de Renault a été confiée à titre intérimaire à Coltilde Delbos, l’actuelle directrice financière du groupe. Elle sera épaulée par deux directeurs généraux adjoints : Olivier Murguet et José-Vicente de los Mozos. Jean-Dominique Senard a indiqué avoir demandé à Coltilde Delbos de tout faire pour que la transition se passe «dans une sérénité totale». ll a dit ignorer quand serait nommé le prochain directeur général : «Le délai pour nommer un ou une DG pour les années à venir est incertain et dépendra de la capacité à choisir la bonne personne».
Thierry Bolloré, 56 ans, était l’un des derniers hauts dirigeants incarnant les années Carlos Ghosn, dont l’arrestation au Japon a ébranlé Renault et son partenaire Nissan. Jusqu’ici directeur général délégué, il avait été nommé en janvier directeur général de Renault pour maintenir, au côté du nouveau président Jean-Dominique Senard, le fil rouge opérationnel qu’il incarnait depuis début 2018. «L'évolution de la direction d’aujourd’hui a été le fruit d’une longue réflexion chez Renault et chez Nissan», a souligné Jean-Dominique Senard, tout en assurant qu’il «n’y pas de lien» entre la nouvelle gouvernance de Nissan, qui va changer de directeur général début 2020, et le départ de Thierry Bolloré.
A la mi-séance, le cours de l’action Renault gagne 4,31% à 52,99 euros.
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