Rémy Cointreau retrouve de la flexibilité pour sa croissance externe
La crise favorise-t-elle la consommation de cognac ? Les comptes semestriels à fin septembre de Rémy Cointreau témoignent en tout cas d’une «bonne dynamique commerciale dans toutes les régions du monde». Ceci s’est traduit par une progression organique de 30,7% du résultat opérationnel courant à 106,2 millions d’euros (+27,3% en données publiées), un niveau supérieur au consensus.
Si la marge courante des liqueurs et spiritueux s’améliore légèrement à 21,8%, la branche cognac bénéficie davantage d’un effet de levier «inhérent à la montée en gamme des consommateurs en Chine, aux Etats-Unis et dans le hors taxe», juge-t-on chez Oddo Securities. La marge de cette activité gagne près de 2 points en un an à 32%. La cession de la branche champagne en juin dernier a largement contribué à la baisse de 65% à 114 millions de l’endettement net au premier semestre. Le ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation (1,06 au 30 septembre) a ainsi été divisé par deux en six mois. Rémy Cointreau est donc en mesure de poursuivre sa stratégie d’investissements consacrée à l’innovation et au développement de ses marques clés, ce qui passera par des acquisitions.
«Nous avons la capacité d’investir de 500 à 800 millions d’euros dans une ou deux marques», a déclaré le directeur général Jean-Marie Laborde, vivement intéressé par le rachat d’un whisky haut de gamme ou d’un alcool blanc chinois. Le groupe, qui a par ailleurs annoncé la mise en œuvre d’un programme de rachats d’actions, pourrait utiliser les titres rachetés en paiement d’une acquisition. Malgré «un environnement économique et monétaire incertain, notamment en Europe», il confirme sans donner d’indications chiffrées une «hausse sensible des résultats» pour l’ensemble de l’exercice.
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