Quick redonne des perspectives de sortie à Qualium
Quick retrouve du mordant. La chaîne de restauration rapide vient de placer la plus importante émission d’obligations à taux variables jamais réalisée en Europe depuis 2007: 595 millions d’euros, en deux tranches de 440 et 155 millions à échéance 2019. La première, garantie, porte une marge de 4,75% sur l’Euribor 3 mois. La seconde est Euribor 3 mois plus 7,5%. Les taux sont révisables chaque trimestre mais le groupe a mis en place une couverture à taux fixe.
Au bout du compte, le coût moyen de sa dette est amélioré de 160 points de base. L’émission, arrangée par Goldman Sachs et JPMorgan, permet de rembourser 591 millions de dette, dont 102 millions de mezzanine et 202 millions d’obligations convertibles.
«Cette émission nous a fait gagner en flexibilité par rapport à notre documentation bancaire précédente, qui était plus contraignante pour les investissements ou les partenariats éventuels. Elle va nous permettre de terminer le plan de rénovation des restaurants en France engagé en 2011 et de disposer d’une enveloppe d’investissements pour reprendre un développement soutenu», explique Céline Vercollier, directrice financière de Quick. L’an dernier, le groupe a investi 48 millions d’euros pour rénover ses restaurants, avec un effet sensible sur leur chiffre d’affaires (+10%). A partir de 2015, il prévoit d’ouvrir quinze restaurants en France, vingt en 2016. Les 25 millions d’euros injectés par l’actionaire Qualium début 2013 via des obligations convertibles, et le cash-flow opérationnel après investissements de 41 millions d’euros, avaient permis de réduire la dette de 7,6% à 346 millions, soit 3,4 fois l’Ebitda contre 4,8 fois en 2012.
L’opération vient donc conforter le redressement de Quick, dont l’Ebitda a rebondi de 25,9% en 2013, à 102,4 millions, sous l’effet de la reprise des ventes à l’enseigne (+4,1%) à un peu plus d’un milliard d’euros. Pour 2014, le groupe table sur des ventes de 1,1 milliard et sur un Ebitda de 105 à 110 millions.
De quoi préparer le terrain à une sortie de Qualium, actionnaire depuis sept ans. «Il est donc légitime que des interrogations quant à sa sortie se posent. Mais le refinancement nous donne le temps de pérenniser d’abord le redressement de la société avant d’envisager, dans un horizon de 18 ou 24 mois, un changement d’actionnaire», indique Cédric Dugardin, président de Quick. La nouvelle dette contient une clause de «non call» (rachat anticipé) d’un an mais inclut la portabilité en cas de changement de contrôle.
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