Punch Taverns échappe au défaut au prix d’une dilution massive

Etranglé par 2,26 milliards de livres de dette, le groupe de pubs britannique a trouvé un accord de principe avec une majorité de créanciers et d’actionnaires
Olivier Pinaud

Plus de 20 mois auront été nécessaires pour trouver un accord. Punch Taverns a annoncé hier les termes de sa restructuration financière, un processus qui avait été lancé en octobre 2012. Touchée par la baisse de la consommation, sous l’effet de la crise et des conséquences sur la fréquentation de la loi antitabac, la chaîne de pubs britannique cherchait à restructurer 2,26 milliards de livres sterling de dette (2,8 milliards d’euros) pour retrouver un peu d’air. Son ratio de levier, à 10,8 fois l’Ebitda, était «insoutenable», a encore affirmé hier la direction du groupe.

L’accord de principe trouvé avec une majorité de créanciers et d’actionnaires prévoit de réduire de 0,6 milliard de livres le montant de la dette. Le ratio de levier tomberait ainsi à 7,7 fois l’Ebitda. La dette brute s’élèvera à 1,585 milliard de livres, à un taux effectif de 7,8%, intérêts de la dette PIK inclus. La charge de la dette sera réduite de 94 millions de livres pour les quatre premiers trimestres suivant la signature définitive de l’accord. Le prochain refinancement ne devrait pas avoir lieu avant 2021, indique Punch Taverns.

Le plan prévoit une extension et une modification des termes de la dette senior. La dette junior sera quant à elle échangée contre un mélange de cash, de nouveaux titres juniors et d’actions à émettre. L’accord prévoit également un aménagement des covenants opérationnels du groupe.

L’opération aura un effet de dilution massive pour les actionnaires actuels qui ne représenteront plus que 15% du capital. Une première émission, pour un montant de 50 millions de livres, servira à rembourser les créanciers juniors. Les titres seront émis avec une décote de 58,7% par rapport au cours du 14 août. Une seconde émission sera par la suite lancée afin de donner jusqu’à 29% du capital de la société aux créanciers juniors, parmi lesquels Glenview, Luxor ou Oaktree Capital.

Si elle a déjà le soutien de 56% des créanciers seniors, de 76% des juniors et de 54% des actionnaires, cette restructuration massive doit encore obtenir l’aval des différentes assemblées générales. Une majorité de 75% est requise pour valider l’accord. Le conseil de Punch Taverns prévient que le projet actuel ne tient que jusqu’au 14 octobre. Après cette date, le défaut sera prononcé.

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