Le marché n'épargne pas Publicis malgré les robustes performances du publicitaire
L’action Publicis accuse le plus fort repli de l’indice CAC 40 jeudi après-midi après avoir pourtant évolué en hausse dans la matinée, les investisseurs relativisant le relèvement par le publicitaire de sa prévision de croissance organique du revenu net en 2025.
Dans l’après-midi, le titre Publicis chutait de 5,6%, à 84,86 euros, après avoir gagné jusqu'à 4,6% en début de séance.
A l’occasion de la publication d’un revenu net de 7,15 milliards d’euros au titre du premier semestre 2025, en hausse organique de 5,4% sur un an, Publicis a indiqué prévoir maintenant une croissance organique de cet équivalent du chiffre d’affaires proche de 5% cette année, par rapport à 2024.
Auparavant, le publicitaire s’attendait à une croissance organique de 4% à 5% en 2025. La nouvelle ambition du groupe est confortée par le gain d’une quinzaine de contrats significatifs depuis janvier auprès notamment de Coca-Cola, Mars, Nespresso, Lego, Santander et LinkedIn.
Les investisseurs les plus pessimistes retiennent que Publicis n’a relevé que modestement son objectif de progression organique du revenu net pour 2025 et que celui-ci implique maintenant une croissance de 4,5% sur un an au second semestre, inférieure à celle du premier, suggère Bank of America. Pour la banque d’affaires, les dirigeants du groupe font tout simplement preuve de prudence.
A l’occasion d’une conférence téléphonique avec les analystes rapportée par Bloomberg, le directeur général, Arthur Sadoun, a indiqué qu’il s’attendait à une baisse des dépenses marketing de ses clients au second semestre. «Ce que nous vivons actuellement, ce sont des clients qui sont très combatifs mais aussi prudents», a-t-il déclaré tout en précisant que l’entreprise n’avait vu aucun changement entre le premier et le deuxième trimestre en termes d’investissements ce qui pourrait avoir un «certain impact» sur les six derniers mois de l’année.
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Baisse exagérée
«Les perspectives du secteur ne sont pas des plus radieuses, mais la chute de l’action Publicis est démesurée au vu des performances du groupe, qui continue de battre les attentes des analystes et de surclasser la concurrence trimestre après trimestre», réagit un autre intermédiaire financier basé à Londres.
Au deuxième trimestre 2025, Publicis a dégagé un revenu net de 3,62 milliards d’euros, en hausse de 5,9% sur un an en données organiques, alors que les analystes prévoyaient une croissance organique de 4,6% selon un consensus fourni par la société. «Toutes les zones géographiques ont contribué à cette solide performance, soutenue par de nouveaux contrats importants», apprécie AlphaValue.
En outre, ce taux de croissance organique pour le trimestre écoulé est supérieur de près de 800 points de base à l'évolution moyenne affichée par les concurrents de Publicis, dont Dentsu, Omnicom et WPP. Et le taux de marge opérationnelle record de 17,4% de Publicis pour le premier semestre de l’année dépasse de 590 points de base le taux de rentabilité moyen attendu par les analystes pour ces pairs.
Pour l’ensemble de l’exercice 2025, Publicis vise toujours une «légère amélioration» de son taux de marge opérationnelle par rapport à celui de 18% atteint en 2024.
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