Publicis va se reconcentrer sur sa stratégie de croissance en solo
Lafarge et Holcim sont prévenus. Les fusions entre égaux sont tout sauf une formalité. L’échec retentissant du mariage entre Publicis et Omnicom illustre la place centrale de la gouvernance dans ce genre de projet. Car, si les difficultés fiscales ont joué, ce sont les questions de répartition du pouvoir qui ont provoqué la rupture des fiançailles. «Vous ne pouvez pas avoir une fusion entre égaux si le directeur général, le directeur financier et le secrétaire général viennent de la même compagnie», en l’occurrence Omnicom, a lancé Maurice Lévy, le président du directoire de Publicis, regrettant que le contrat initial avec son homologue américain John Wren n’ait pas été respecté.
La mainmise d’Omnicom aurait menacé l’intégrité du modèle économique de Publicis, estime Maurice Lévy. Un risque qui avait été pointé du doigt ces dernières semaines par plusieurs analystes financiers. Les deux groupes se sont en effet construits sur des gestions différentes. Le groupe français fait de la marge opérationnelle sa priorité. A 16,5%, celle-ci était ainsi 3 points supérieure à celle d’Omnicom en 2013, et toute proche des 17,2% générés par le numéro un mondial, le britannique WPP. De son côté, Omnicom privilégie le retour sur capitaux employés, le plus élevé du secteur à près de 30%, quasiment le double de celui de Publicis.
Séparément, les obstacles n’étaient pas insurmontables. Mais c’est leur accumulation et le risque de dérapage du calendrier qui a poussé les deux directions à rompre, sans indemnité. Même si elles étaient concentrées au niveau des holdings de direction, les discussions ont pénalisé la gestion opérationnelle des deux groupes. Les analystes de Jefferies constatent que les taux de croissance au premier trimestre 2014 de Publicis et d’Omnicom sont de 2 à 3 points inférieurs à ceux de WPP ou d’Interpublic. «J’étais ‘out of focus’ du fait de la fusion, mais je vais me concentrer de nouveau sur l’innovation et la croissance», a promis Maurice Lévy, dont le mandat arrive à échéance en décembre 2015.
Vendredi, le cours de l’action Publicis a bien résisté. Mais la direction du groupe va devoir convaincre sur sa capacité à accélérer en solo après avoir vanté les mérites de la taille face à Google ou à Facebook. Maurice Lévy a prévu d’apporter des précisions en juillet, lors des résultats semestriels, sur le plan à 2018. Publicis n’exclut pas de redistribuer de l’argent à ses actionnaires pour faire passer l’échec du mariage.
Plus d'articles du même thème
-
Crédit Agricole déploie sa plateforme digitale de solutions d'épargne en Belgique
La banque française franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d'expansion paneuropéenne avec la mise en service de sa plateforme numérique d'épargne en Belgique. L'objectif est de servir, à terme, dix pays européens et de capter 40 milliards d'euros de dépôts à l'horizon 2028. -
Novartis relève ses objectifs pour faire oublier deux échecs cliniques
Le géant de l’industrie pharmaceutique a inscrit une dépréciation de 1,9 milliard de dollars dans ses comptes au troisième trimestre mais ses performances opérationnelles rassurent les investisseurs. -
IK Partners et NextStage améliorent leur offre de retrait sur Eurobio
Déjà à la tête de 90,14% du capital du spécialiste du diagnostic in vitro, les majoritaires complètent de 1,25 euro par action le prix de l'offre projetée. Celle-ci valorise le capital d'Eurobio à 267,3 millions d'euros.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Outre-Manche, une autre idée du luxe
Le maroquinier DeMellier qui affole les adeptes du quiet luxury ouvre sa première boutique à Londres. Une étape cruciale pour cette Maison britannique qui a fait de ses sacs, de leur fabrication européenne et d’un engagement solidaire durable, les piliers d’une réussite internationale. -
Mobilisation des lycéens : comment deux influenceuses ont court-circuité les annonces du gouvernement
Avant sa rencontre avec les organisations lycéennes et étudiantes, le Premier ministre a convié ce lundi à Matignon plusieurs créateurs de contenu. C’est à eux, et pas aux syndicats, qu’il a réservé la primeur de ses annonces -
In folioLittérature : Caspar David Friedrich au-dessus des nuages
Plutôt qu’un livre de vulgarisation ou un roman biographique comme on en a lu tant ces dernières années, Illies a choisi d’écrire des fragments, qu’il a ingénieusement agencés dans des chapitres titrés d’après les quatre éléments, le feu, l’air, la terre et l’eau