Publicis instaure le «say on pay» pour les membres du directoire
Une révolution dans le CAC 40. L’un de ses membres va instaurer un vote consultatif sur les rémunérations de ses dirigeants. Seront concernés les dirigeants mandataires sociaux, soit les quatre membres du directoire: le président Maurice Lévy, Kevin Roberts, Jean-Yves Naouri, et Jean-Michel Etienne. Le cinquième membre, Jack Klues vient en effet d’annoncer son départ à la retraite et quittera le directoire à la fin de l’année.
Publicis ne pouvait préciser hier si la présidente du conseil de surveillance Elisabeth Badinter est également concernée.
Cette volonté «donne un signal politique et symbolique fort qui doit être salué, confie Jean-Philippe Desmartin, responsable de la recherche ESG chez Oddo Securities. Un tel vote devrait mettre une pression positive sur les réflexions du conseil, et en particulier du comité des rémunérations».
Publicis semble ainsi tirer les leçons de la polémique du printemps dernier sur la rémunération différée de plus de 16 millions d’euros de Maurice Lévy. Désormais le groupe publicitaire veut apparaître comme le bon élève de la classe, avant que la loi sur la rémunération des dirigeants, attendue à la fin du premier trimestre 2013, n’instaure le «say on pay».
Publicis n’hésite pas à prendre le contre-pied de l’Ansa (Association nationale des sociétés par actions) opposée à un vote même consultatif. Pour sa part, l’Afep a récemment déclarée être prête à inscrire le vote consultatif dans le code de gouvernance.
Toutefois, lors de sa réponse à la consultation du Trésor, le Medef a bien précisé qu’en cas de vote négatif «le conseil devrait, sur avis du comité des rémunérations, délibérer sur ce sujet et publier immédiatement sur le site internet de la société un communiqué mentionnant les suites qu’il entend donner aux attentes exprimées par les actionnaires». Or, en mai dernier, les conventions réglementées sur les rémunérations de quatre membres du directoire, votées séparément, ont été approuvées de justesse à seulement 53%.
Parallèlement, Publicis va réduire la durée des mandats des membres du conseil de surveillance de six à quatre ans. Le groupe confirme aussi que sa politique de dividendes sera revue pour amener «progressivement et sur quelques années» le taux de distribution des bénéfices à un niveau plus conforme avec la moyenne du secteur autour de 35%, contre 24% cette année et une fourchette de 22 à 29% entre 2006 et 2010, relevait récemment CM-CIC.
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