PSA se donne du temps pour mener à bien son redressement opérationnel
Le plan stratégique «Back in the Race» détaillé par PSA reflète la volonté du constructeur automobile de présenter une feuille de route à cinq ans «lucide et crédible», a souligné hier Carlos Tavares, nouveau président du directoire. La poursuite de la transformation du groupe passera par une différenciation accrue des trois marques afin d’améliorer leur complémentarité et leur positionnement en matière de prix.
Si Peugeot doit devenir un «généraliste haut de gamme», le développement de DS en tant que marque mondiale passera par l’introduction de huit nouveaux modèles d’ici à 2020, tandis que Citroën bénéficiera d’une «grande liberté d’innovation conceptuelle».
Dans un souci d’efficacité, le groupe ramènera le nombre de modèles de 45 actuellement à 38 en 2016 puis à 26 à l’horizon 2022, ce qui permettra «de mieux cibler les efforts de R&D et les investissements industriels». Sa réorganisation autour de six grandes zones géographiques, dont les patrons feront partie du comité exécutif, ira de pair avec l’objectif d’un seuil de rentabilité opérationnelle atteint en 2017 en Russie et en Amérique latine. Le partenariat signé avec Dongfeng devrait par ailleurs permettre d’ici à 2018 un doublement du volume de véhicules produit par PSA en Chine, à près de 1,2 million d’unités. Cette coopération contribuera également à développer ses ventes dans les pays de l’Asean.
L’abaissement du point mort nécessitera une modernisation des usines en Europe et une nouvelle baisse des coûts fixes «dans le respect du nouveau contrat social du groupe». Visant un taux d’utilisation des usines européennes de 115% à l’horizon 2022, PSA veut faire passer de 20% à 40% la proportion de ses sources d’approvisionnement à bas coûts à l’horizon 2020. Le total de ses charges salariales devrait représenter moins de 12,5% du chiffre d’affaires en 2016 (contre 15,1% l’an dernier) et le BFR sera réduit d’un milliard d’euros à cette échéance.
L’étalement de ces différents chantiers permettra à PSA de dégager un cash flow libre opérationnel positif et récurrent «au plus tard d’ici à 2016» et de générer 2 milliards d’euros de cash flow libre sur la période 2016-2018. La marge opérationnelle de la division automobile est attendue à 2% à l’échéance du plan (contre -2,9% l’an dernier), puis à 5% en 2023. Si son bilan renforcé devrait lui donner le temps de mener à bien ses projets, «le profil opérationnel de PSA sera encore faible» en 2018, jugent les analystes crédit d’Aurel.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric casse sa tirelire pour grandir dans l'IA
Le spécialiste français des équipements électriques et des solutions pour l’énergie sécurisée engage 3,1 milliards de dollars en numéraire pour s’emparer de la pépite norvégienne Cognite. -
RGreen Invest lève près de 500 millions d'euros pour son nouveau fonds de dette senior court terme
Dans un contexte de renforcement de la souveraineté européenne, d’électrification des usages et de décarbonation de l’économie, le fonds Infrabridge III fait plus que doubler la taille de son prédécesseur. -
CVC rachète l'entreprise d'emballage industriel automatisé Clevertech
Après Irca, Clevertech devient la deuxième opération italienne annoncée cette semaine par CVC via son fonds euro-américain.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Bis repetitaUnédic : pourquoi le patronat serre la vis
Après un gel des pensions de retraite complémentaire l'automne dernier, les trois organisations patronales récidivent au nom de l'équilibre des finances publiques -
EditorialExcès de zèle normatif : un sabotage français
Aucun plan ad hoc, comité Théodule ou autres Grenelles ne viendra à bout de l'étouffoir normatif -
Effet kiss coolLe RN peine à refroidir les critiques sur son plan clim’
Les explications données par le Rassemblement national soulèvent davantage de questions que de réponses