PSA se donne de l’air à court terme grâce à la cession de Gefco
La vente de Gefco, filiale de PSA, est désormais sur les rails. Après s’être initialement tourné vers des fonds d’investissement, le constructeur automobile est finalement entré en négociation exclusive avec Russian Railways (RZD) pour céder le contrôle de sa filiale de transport et de logistique. Conseillé par Credit Suisse, le groupe français a annoncé hier prévoir la cession de 75% du capital de Gefco à l’opérateur des chemins de fer russes pour un montant de 800 millions d’euros. Au préalable, Gefco aura versé à sa maison-mère un dividende exceptionnel de 100 millions d’euros.
Cette transaction sera menée dans le cadre d’un partenariat stratégique destiné à accélérer le développement de Gefco «en Europe centrale et orientale et plus particulièrement en Russie», souligne le communiqué de PSA. Le groupe ajoute que cet adossement permettra de créer «un leader mondial de la logistique diversifiée», dont le siège social restera en France. Luc Nadal, directeur général actuel de la filiale, serait également maintenu aux commandes. Ce partenariat permettra également à Gefco de faire face à la concurrence de Deutsche Bahn qui développe son pôle logistique.
PSA envisage la mise en place d’un pacte d’actionnaires «permettant d’assurer la protection des intérêts des deux parties ainsi que la qualité des services logistiques fournis par Gefco à PSA». Alors qu’un processus de consultation du personnel va démarrer, le groupe pense boucler la transaction d’ici fin 2012, après avoir obtenu l’aval des autorités de la concurrence des pays concernés.
Ce désengagement est bienvenu pour PSA, en perte nette de 819 millions d’euros au premier semestre, qui vient de voir sa note de crédit dégradée mercredi soir par l’agence Fitch de BB à BB-, avec perspective négative. La transaction s’inscrit dans le plan de cessions d’actifs de 1,5 milliard d’euros décidé en début d’année pour redresser sa structure financière. «PSA consomme encore près de 100 millions d’euros de trésorerie par mois, cette cession permet au groupe de vivre pendant environ 8 mois», sans compter le dividende, relève Xavier Caroen, analyste chez Kepler.
Il n’en reste pas moins que le constructeur se prive ainsi d’une filiale plus rentable que son pôle automobile, Gefco ayant dégagé une marge d’exploitation de 3,3% au premier semestre. L’action PSA a terminé en repli de 3,3% à 6,6 euros hier à Paris.
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