PSA doit préserver l’accès à la liquidité de sa captive financière
Après la récente dégradation de PSA par Moody’s, l’abaissement probable de la note de Banque PSA Finance (BPF) risque de compromettre sa capacité de refinancement à des échéances courtes sur les marchés de capitaux. A la suite d’informations du Figaro, faisant état d’un plan d’aide en négociation avec l’Etat et les prêteurs de Banque PSA, le constructeur français a indiqué que «plusieurs options» étaient à l’étude pour que sa filiale puisse conserver un volume de financement «suffisant au bon fonctionnement de la filière automobile et du groupe PSA dans son ensemble».
La solvabilité de BPF reste adéquate. Sur un total de bilan de 28,1 milliards d’euros à fin juin, ses fonds propres s’élèvent à 3,4 milliards, soit un ratio «très élevé» de 12,1%, relèvent les analystes crédit d’Aurel. Si sa liquidité totale lui permet de couvrir pendant 6 mois ses besoins de refinancement, une dégradation de sa dette à long terme en catégorie spéculative entraînera aussi un abaissement de sa note à court terme. La captive financière aura alors «encore plus de mal à se financer sur les marchés à un taux décent», pronostique le bureau d’analyse de CM-CIC Securities, en ajoutant qu’elle se finance aujourd’hui «à un taux moyen de 4% contre 1% pour Volkswagen», qui peut ainsi faire preuve d’une plus grande agressivité commerciale.
Sans activité de dépôts, BPF dépend des marchés de capitaux et des banques pour se refinancer. Son encours de dette à court terme (3,9 milliards d’euros à fin juin) est constitué de certificats de dépôts et de billets de trésorerie. Cette dette sert à financer des prêts consentis à très court terme (moins de 2 mois) au réseau commercial pour l’achat de véhicules ou de pièces détachées. En cas de dégradation, le groupe est exposé à une baisse de ces sources de financement, ce qui ne pourra être compensé par un recours accru à la titrisation de créances commerciales.
Selon le ministre de l’Economie, les solutions retenues seront «très prochainement» finalisées, tandis que le ministre du redressement productif a souligné qu’il n’y aurait pas de garantie de l’Etat «sans contrepartie», ce qui pourrait se traduire par un plus grand droit de regard du gouvernement sur la restructuration du groupe.
L’adossement de BPF à un partenaire financier mieux noté, qui constituerait la solution la plus efficace, se heurte enfin à la difficulté de trouver un établissement de crédit intéressé par cette activité dans le contexte actuel.
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