Pressé par ACS, le patron de Hochtief paie comptant les déboires de la filiale australienne
Quand un actionnaire qui détient plus de 43% du capital a des visées hostiles, le faux pas n’est pas permis. Le président du directoire de Hochtief l’a appris à ses dépens. Herbert Lütkestratkötter a présenté hier sa démission du groupe allemand de BTP qui tente de repousser depuis plusieurs mois les attaques de l’espagnol ACS. Les actionnaires seront chargés d’entériner cette décision lors de l’assemblée générale du 12 mai. A l’origine de ce départ, des dépréciations dans les comptes de la filiale australienne Leighton, détenue à hauteur de 54% du capital.
Cette dernière s’attend à essuyer une perte nette de 427 millions de dollars australiens (312 millions d’euros) au cours de son exercice clos fin juin après avoir inscrit 907 millions de dollars de dépréciations. Un pessimisme qui s’explique notamment par des retards et des surcoûts dans les projets de la desserte routière de l’aéroport de Brisbane et une usine de désalinisation dans l'état de Victoria. Afin de consolider son bilan, la société va lever 757 millions de dollars australiens. Une opération souscrite par UBS à laquelle Hochtief contribuera à hauteur d’environ 300 millions d’euros.
Les déboires de Leighton pourraient se traduire pour Hochtief par une baisse de 50% de son bénéfice avant impôt. «Je suis un professionnel et je sais une chose : la mission d’un président du directoire nécessite d’avoir la pleine confiance des grands investisseurs», a réagi Herbert Lütkestratkötter, qui a tout de même mené depuis plusieurs semaines la fronde contre ACS. Même si le groupe espagnol risque de déchanter sur la vraie valeur de Leighton, qu’il considérait comme une pépite, cet épisode lui permet de voir arriver à la tête du groupe Frank Stieler. Un «excellent candidat», selon le groupe madrilène.
Par ailleurs, ACS pourrait profiter de cet accès de faiblesse pour racheter des titres à bon compte et porter sa participation au-delà de 50%. Le groupe s’est hissé en janvier dernier au-dessus des 30% du capital, un seuil qui lui permet d’après le droit boursier allemand d’acquérir des titres sur le marché ouvert sans avoir à lancer de nouvelle offre.
Le titre a de nouveau chuté hier pour clôturer en baisse de 8,89% à 62,62 euros.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe a rattrapé son retard de croissance sur Wall Street
Alors que l’attention des investisseurs se focalisait sur le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les entreprises européennes affichent, pour l’heure, une croissance bénéficiaire proche de 30% sur un an au troisième trimestre, équivalente à celle de leurs homologues américaines. Cela n’était pas arrivé depuis trois ans mais doit encore se concrétiser dans les cours. -
Les gestionnaires d'actifs affrontent le défi de la réversibilité technologique
Face à leur dépendance croissante aux prestataires externes, les sociétés de gestion cherchent à préserver leur autonomie de gouvernance. Lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi, elles ont montré que maîtrise des compétences, réversibilité et anticipation des risques sont devenues des enjeux de résilience opérationnelle. -
Tokyo compte bien séduire les investisseurs avec ses obligations résilience
Après le succès de sa première émission réalisée en 2025, le gouvernement de Tokyo souhaite développer le concept et créer un marché de la résilience afin de financer d’importantes infrastructures capables de protéger la population et l’économie du pays.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat -
Visé par de nouvelles hausses de taxes, le secteur aérien en pleine zone de turbulences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de multiples dispositions qui relèvent la fiscalité sur différents acteurs du secteur aérien, et qui pourraient répercuter ces taxes sur les prix des billets d’avion -
EditorialCNews, LFI : le piège démocratique
Pluralisme : pourquoi vouloir interdire CNews ou dissoudre LFI est un piège démocratique