Prada revoit ses ambitions à la baisse pour son introduction à la Bourse de Hong-Kong

Le groupe lèvera au mieux 2,3 milliards de dollars, 300 millions de moins que prévu. En plus de conditions contraires, Prada paie une valorisation élevée
Olivier Pinaud
Boutique Prada à Londres. Photo: Chris Ratcliff/Bloomberg
Boutique Prada à Londres. Photo: Chris Ratcliff/Bloomberg  - 

Les mauvaises conditions boursières rencontrées ces derniers jours sur les marchés asiatiques n’épargnent pas Prada. Le groupe de luxe italien a été contraint de revoir ses ambitions à la baisse pour son entrée à la Bourse de Hong-Kong dont l’indice Hang Seng a perdu 7% en dix jours. Le prix définitif de l’opération sera fixé aujourd’hui mais il sera compris dans une fourchette de prix resserrée par rapport au projet initial. Les actions Prada seront vendues entre 39,5 et 42,25 dollars hongkongais contre 36,5 à 48 dollars auparavant. Le point médian de la fourchette ressort ainsi à 40,87 dollars, soit 1,38 dollar de moins qu’au moment du lancement du processus au début du mois de juin. Au mieux, le montant du placement s’élèvera à 2,3 milliards de dollars, contre 2,6 milliards escomptés initialement par le groupe italien.

Outre ces conditions de marché contraires, Prada a pu souffrir du cadre fiscal imposé aux investisseurs particuliers. L’Italie et Hong-Kong n’ayant pas d’accord fiscal bilatéral, les investisseurs particuliers asiatiques qui souhaitent souscrire à l’opération se voient imposer à hauteur de 12,5% sur les plus-values, en plus d’une taxe de 27% sur le montant du dividende. Prada a assuré qu’il prendrait en charge cette taxe. La part réservée aux particuliers ne représente que 10% de l’offre, mais cette incertitude fiscale a troublé un dossier d’introduction dont l’une des clés de réussite repose justement sur la notoriété de la marque auprès des consommateurs asiatiques.

Par ailleurs, Prada prévoit d’entrer à la Bourse de Hong-Kong à des niveaux de valorisation extrêmement agressifs, à plus de 20 fois le bénéfice estimé pour 2012, des multiples supérieurs aux références actuelles du secteur du luxe, comme LVMH (L’Agefi Quotidien du 7 juin 2011). Pour être acceptables, ces niveaux nécessitent une grande confiance des investisseurs dans le dossier. Or, même le secteur du luxe n’a pas échappé à la correction de ces derniers jours. En deux semaines, l’action LVMH a par exemple perdu un peu plus de 4%. Soit à peu près la révision à la baisse du point médian de la fourchette de prix indicative annoncée par Prada.

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