PPR officialise l’entrée en Bourse de la Fnac en 2013
C’est officiel. La Fnac entrera en Bourse. Présenté hier après-midi aux représentants syndicaux du distributeur, le projet a été dévoilé publiquement hier soir par PPR. Comme les rumeurs le laissaient entendre, la Fnac sera dans un premier temps scindée, puis mise en Bourse, par distribution d’actions aux actionnaires de PPR. Post-opération, la Fnac devrait donc être détenue à 40,6% par Artémis (actionnaire de L’Agefi), holding familial de la famille Pinault.
PPR promet l’opération pour 2013 mais n’a donné aucun calendrier. Le groupe doit d’abord consulter les différentes instances représentatives du personnel de la Fnac et de PPR SA, ce qui devrait prendre plusieurs mois. Aussi, le groupe ne devrait dévoiler les modalités de l’opération et son calendrier qu’en 2013, vraisemblablement en février, lors de la publication des résultats 2012.
La transaction n’est pas sans rappeler celle d’Accor et Edenred, et de Carrefour et Dia. Des opérations au bénéfice de l’actionnaire. Depuis juillet 2010, Edenred a bondi de 53% (contre +1% pour le CAC 40) et Dia a gagné 41% depuis juillet 2011 (-15% pour le CAC 40). Toutefois, la Fnac n’a pas le même profil que ces deux groupes, avec un chiffre d’affaires qui ne cesse de s’éroder et un résultat opérationnel courant qui a chuté de près de 50% l’an dernier. En revanche, fin 2009, PPR avait directement introduit sur le marché CFAO, sa filiale de distribution pharmaceutique et automobile en Afrique, sans passer par une scission.
Si le calendrier de l’opération a pu surprendre nombre d’observateurs, «ce projet de scission s’inscrit dans la dynamique de notre plan de transformation et d’expansion ‘Fnac 2015’ et permettra à la Fnac de mettre en œuvre sa stratégie de croissance durable de façon autonome», assure Alexandre Bompard, PDG de l’enseigne.
Plus certainement, après la cession de Redcats, PPR va pouvoir vivre sa vie de pur leader de l’habillement et des accessoires, à travers ses deux segments Luxe et Sport & Lifestyle et leurs deux marques phares Gucci et Puma.
Autrement dit, au lieu d’être considéré par le marché comme un conglomérat, affecté d’une décote de holding, PPR pourra enfin être valorisé comme un groupe de luxe. Le groupe se paie 11 fois ses résultats 2013 contre 15 fois pour le secteur, constate Aurel BGC. Dans un marché baissier, PPR a continué de gagner du terrain hier, en hausse de 0,77% à 125,10 euros.
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