Poweo réduit sa perte nette avant de tomber dans l’escarcelle de Direct Energie
Deux jours après avoir annoncé l’approbation des conseils d’administration concernant les modalités de sa prise en main par Direct Energie, Poweo rappelait vendredi, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels 2011, que «l’objectif principal» de la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité) était «d’accroître la concurrence sur le marché français» de l’énergie. Certes, la disparition d’un acteur donnera naissance selon les deux groupes au «premier opérateur alternatif multi-énergie à taille critique» du pays, au service de plus d’un million de clients. Un concurrent encore lointain pour EDF et GDF Suez. Dans l’attente d’une plus grande libéralisation du marché.
La parité de fusion sur laquelle les conseils se sont entendus (841 actions Poweo pour 9 Direct Energie), sujet de discussions depuis juillet 2011, offre tout de même à Poweo, dont la capitalisation boursière est voisine de 50 millions d’euros, 41,7% du prochain ensemble. Les nouveaux maîtres à bord (François Premier Energie, contrôlée par Stéphane Courbit, Impala, contrôlée par Jacques Veyrat, et EBM, à 71% du nouveau groupe) entendent agir de concert et envisagent «à moyen terme» le transfert de cotation d’Alternext sur Euronext. Les actionnaires seront appelés en assemblée «à la fin du premier semestre 2012» en vue de valider les modalités définitives de l’union.
Pour son chant du cygne, Poweo a pu présenter une perte nette réduite de moitié en 2011, à 64,3 millions d’euros, sous le poids de l’exploitation déficitaire des actifs de production cédés à Verbund mais toujours intégrés. En dépit du «ralentissement de l`érosion du nombre de sites clients» au second semestre (-14% sur l’exercice écoulé à 332.000), le chiffre d’affaires affiche un repli de 27,7% (à 503,4 millions, dont un recul de 34,6% des ventes d’électricité à 179,7 millions et de 34,3% pour celles de gaz à 74,3 millions), et la marge brute une baisse de 30,1% (47,6 millions).
Face à un exercice marqué par «une profonde évolution de sa structure et de ses activités», Poweo a toutefois tenu à présenter des résultats en accord avec son «nouveau périmètre de contrôle opérationnel», excluant à compter du 1er mars les actifs de production. Cette lecture laisse apparaître un résultat net positif de 6,3 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 405,0 millions.
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