Fitch abaisse la perspective de la France
- L’agence Fitch Ratings a abaissé la perspective de la note de la France de stable à négative en raison du déficit public.
- L’institution doute de l’objectif budgétaire du gouvernement et prévoit un déficit de 5,5% pour l’année prochaine.
- Fitch Ratings estime également que la dette de l'État s'élèvera à environ 124% du produit intérieur brut d’ici 2028.
Le répit accordé par Moody’s la semaine dernière aura été de courte durée. La troisième grande agence de notation, Fitch Ratings, a abaissé vendredi soir la perspective de la note souveraine française en soulignant l’affaiblissement de la croissance dans l’Hexagone depuis cet été, le renchérissement des coûts d’emprunt et le creusement du déficit public.
La note attribuée à la France, inférieure d’un cran à celle maintenue vendredi dernier par Moody’s, reste fixée à «A+", mais sa perspective passe de «stable» à «négative».
L’agence indique avoir apprécié la détérioration des indicateurs d’endettement de la France au regard de la fragmentation de son paysage politique et du mouvement social qui secoue le pays, autant d'éléments qui risquent de compliquer le redressement des finances publiques.
Le rendement de l’OAT française à 10 ans a gagné 6 points de base vendredi, à 4,97%, alors qu’il était encore inférieur à 4% à la mi-août. Si de nombreux pays développés ont connu des tensions sur leur dette souveraine cet été, l'écart de taux («spread») entre la France et l’Allemagne s’est fortement creusé depuis un mois. Le rendement de l’emprunt allemand à 10 ans était de 3,34% vendredi soir, impliquant une «prime de risque» de 163 points de base pour la dette française.
A lire aussi : Le PIB français recule et l'inflation accélère
Fitch s’attend à présent à ce que la dette publique française passe de 115,7% du PIB en 2025, à environ 124% en 2028, au lieu d’une précédente estimation de 122,7% cet été. Si cette révision est de faible ampleur, «elle affaiblit un peu plus la confiance de Fitch dans la stabilisation de la dette à moyen terme», a souligné l’agence dans un communiqué.
«Cette appréciation confirme l’absolue nécessité d’adopter d’ici la fin de l’année un budget responsable, qui vise à rétablir les comptes publics en réduisant notre déficit à 5%», a réagi le ministre français de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, en réaffirmant la détermination du gouvernement de «poursuivre sur une trajectoire de consolidation budgétaire».
Comme Moody’s la semaine dernière, Fitch juge que le projet de budget du gouvernement sera probablement adopté. En revanche, elle doute de l’objectif affiché de 5% de déficit. La faiblesse de la croissance et de possibles concessions sur le budget pourraient se traduire par un déficit de 5,5% l’année prochaine, selon ses prévisions.
Parmi les scénarios qui pourraient conduire à une dégradation de la note française, Fitch a cité une incapacité à enrayer la poursuite de l’augmentation de la dette prévue pour les cinq prochaines années, ainsi qu’une dégradation supplémentaire des perspectives de croissance.
L’agence prévoit de passer en revue la note de la France d’ici à la fin février 2027 au plus tard.
A lire aussi : La confiance des ménages français est en chute libre
Plus d'articles du même thème
-
Crédit Agricole SA publie des résultats en forte hausse au troisième trimestre
La banque a enregistré une hausse de son profit net de près de 18%, porté par les activités d'épargne et d'assurance. -
Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
La banque centrale a annoncé le prochain départ de sa présidente, avant la fin de son mandat et l'élection présidentielle française. De quoi accélérer le processus de renouvellement à la tête de la BCE. -
La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
La banque a enregistré une hausse de son profit net de plus 24% au troisième trimestre, dépassant les attentes des analystes.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Peut-on interdire la théorie du « grand remplacement » comme le réclame le maire de Trappes ?
Ali Rabeh a appelé vendredi à l’interdiction de la théorie raciste du « grand remplacement », qui aurait « armé » le tireur de l’attentat des Yvelines. Le constitutionnaliste Benjamin Morel s’inquiète d’une mesure « contre-productive » qui risquerait de contrevenir à la liberté d’expression. -
Mondes émergentsLe Brésil, notre partenaire stratégique
L’Europe dispose d’une opportunité qu’elle doit saisir. Les échanges entre l'Union et le Brésil ont atteint 100 milliards de dollars en 2025, presque à l'équilibre -
Tribune libreGrand âge contre jeunesse : le faux dilemme qui nous coûtera cher
Entre 2027 et 2032, la France comptera un million de personnes supplémentaires de plus de 75 ans ; plus de 800 000 Français entreront en Ehpad