Poweo affichera une perte opérationnelle de 150 millions d’euros en 2010

Avec 60 millions d’euros de cash fin février, l’opérateur alternatif juge avoir les liquidités suffisantes pour au moins un an
Bruno de Roulhac

Exercice 2010 difficile pour Poweo. L’opérateur alternatif anticipe une perte opérationnelle «qui pourrait approcher» les 150 millions d’euros, après une perte de 85 millions en 2009. En novembre, le groupe évaluait la perte entre 40 et 50 millions hors exceptionnels. Une mauvaise surprise sanctionnée par une chute de plus de 10% en Bourse. Si le consensus Bloomberg tablait sur une perte limitée à 81 millions, Oddo anticipait déjà un déficit de 115 millions. Cette perte inclut 100 millions de dépréciations, pertes de valeur et autres charges non récurrentes, notamment sur les systèmes d’information, les coûts d’acquisition clients, les créances clients et les actifs en énergies renouvelables en cours de cession. Ce montant comprend déjà les 18,8 millions passés au premier semestre sur la filiale Gaz de Normandie (14,9 millions) et sur les actifs de petite hydraulique (2,9 millions). Mais la perte reste sujette à des ajustements potentiels d’ici au 31 mars prochain, date de publication des résultats 2010, prévient Poweo.

En revanche, le chiffre d’affaires devrait atteindre un plus haut historique en 2010, anticipe l’opérateur. Après les 565 millions d’euros de 2009, les ventes seraient de 707 millions selon le consensus Bloomberg.

Concomitamment, Poweo vient de finaliser la vente à son partenaire Verbund de ses 60% de Poweo Production. Néanmoins, l’opérateur espère bien pouvoir exercer son option de rachat de cette participation avant la date butoir de fin juin 2013 pour 120 millions d’euros (prix de vente net) plus les charges d’intérêt. Si le groupe ne parvenait pas à exercer son call, soit à l’échéance, soit par renonciation expresse anticipée, l’accord prévoit un «éventuel» complément de prix.

Ce prix de cession sera affecté au remboursement intégral des financements court terme à hauteur de 40 millions, et au remboursement de dettes d’exploitation pour 35 millions. Poweo affichera ainsi une trésorerie nette de plus de 60 millions fin février. Des liquidités suffisantes pour couvrir les besoins du groupe «au moins pour les 12 prochains mois», assure l’opérateur.

Poweo attend toujours la mise en œuvre de la loi NOME, prévue pour avril, et la fixation du prix de vente du mégawatt/heure nucléaire par EDF à ses concurrents. Si EDF demande un minimum de 42 euros, la commission Champsaur recommande, elle, une fourchette de 37 à 39 euros.

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