Pourquoi le prix de l’action Orpea est artificiellement élevé
Le cours de Bourse du gérant de maisons de retraite cote toujours nettement au-dessus du prix proposé pour la première augmentation de capital. Le phénomène, «purement technique», ne devrait pas durer.
Orpea perd déjà près de 90% en Bourse depuis le début de l'année
-
photo Orpea
Le marché a toujours raison, dit-on. Pourtant, il produit parfois des phénomènes bien mystérieux. Comme le prix de l’action Orpea. Alors que le groupe est, depuis plusieurs mois, engagé dans une restructuration financière qui va diluer massivement les actionnaires, le cours de son titre apparait étonnamment élevé.
Deux jours après le lancement de la première augmentation de capital du groupe, l’action vaut encore 0,7 euro, soit beaucoup plus que le prix de 0,06 euro proposé lors de cette levée de fonds. Une situation étonnante qui, comme l’indique le compte Linkedin de Vernimmen, l’ouvrage de référence en finance d’entreprise, laisse entendre qu’Orpea vaudrait autant que TotalEnergies.
En effet, le groupe de maisons de retraite a prévu de lancer au total trois augmentations de capital successives, entraînant la création de 159 milliards de nouvelles actions. Multipliées par le cours actuel du titre, elles donneraient une capitalisation boursière de 111 milliards d’euros, contre 147 milliards pour le géant français du pétrole.
Ventes à découvert
Cet écart entre la valeur théorique d’une action et son prix constaté s’explique en fait par des phénomènes «purement techniques», indique Gabriel Teodorescu, associé de Laffitte CM, gérant d’un fonds spécialisé dans l’arbitrage des opérations de fusion-acquisition.
«La valeur d’un titre se décompose entre sa valeur intrinsèque et sa valeur prêtable, c’est-à-dire le prix qu’il faudrait débourser pour l’emprunter. Dans les cas «normaux», le coût d’emprunt est très faible, mais il peut devenir très élevé lorsque beaucoup d’intervenants cherchent à vendre le titre à découvert, soit parce que l’entreprise est en situation de détresse financière, soit pour des raisons techniques», explique le spécialiste.
Ce coût d’emprunt correspond «au prix du loyer que doit payer un vendeur à découvert pour maintenir ses positions vendeuses. Dans le cas d’entreprises en restructuration, des arbitragistes peuvent acheter la dette et se couvrir en vendant l’action. Lors d’augmentations de capital avec droits préférentiels de souscription (DPS), certains peuvent acheter le DPS et vendre le titre pour figer le profit de leur arbitrage», analyse Gabriel Teodorescu. «Par exemple, à l’époque de la restructuration d’Eurotunnel, lors des derniers mois de cotation de l’action, le coût d’emprunt représentait presque la totalité de la valeur de l’action», rappelle-t-il. Le phénomène joue sans doute également dans le prix actuel de Casino alors que le distributeur devrait convertir 4,9 milliards d’euros de dettes en capital au cours des prochains mois.
Gare à la chute
Dans le cas d’Orpea, le coût d’emprunt peut représenter jusqu’à 90% du prix. Compte tenu de la dilution suite à l’augmentation de capital, la quasi-totalité de la capitalisation de l’entreprise est en fait dans la valeur du droit. «Le vrai prix du titre dans ce genre de dilution est celui du DPS», indique Gabriel Teodorescu. Ce droit, négociable sur Euronext jusqu’au 23 novembre, valait moins de 5 centimes d’euro le 16 novembre en milieu de journée.
«Le 21 ou le 22 novembre, soit quelques jours avant cette date butoir, le cours d’Orpea devrait tendre vers le prix de souscription soit 0,06 euro», prévient le spécialiste. A bon entendeur.
Pour s'assurer le monopole de l'introduction en Bourse historique de SpaceX, le Nasdaq a bousculé ses propres critères de sélection sur son indice phare. En modifiant ses règles sur mesure pour une entreprise lourdement déficitaire, l’institution privilégie son activité commerciale de place boursière au détriment de son rôle de fournisseur d'indices, estime Denis Alexandre. Ce conflit d’intérêts inédit fait peser un risque systémique sur l'épargne passive.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
Le groupe de services aux entreprises change de mains. Confronté à un bilan trop lourd au regard de sa trajectoire de flux de trésorerie, le groupe passe dans les mains de ses créanciers qui vont prendre une très large majorité du capital et réinjecter 140 millions d’euros.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
Depuis une dizaine d’années, une « mission cinéma » suscite et accompagne des productions audiovisuelles prenant le monde militaire pour cadre principal
Recevant le « prix du courage politique », l’ancien patron de la Fed s'est érigé en vigie de l'indépendance de la Réserve fédérale, désormais présidée par un financier jugé proche de Donald Trump.