Philips invoque les difficultés de l’Europe à l’appui de son nouvel avertissement
Aux commandes de Philips depuis avril dernier, le directeur général du groupe néerlandais, Frans Van Houten, a émis hier son deuxième avertissement sur les bénéfices en moins de sept mois. Il table sur «un bénéfice d’exploitation avant amortissement des survaleurs (Ebita) de 500 millions d’euros au titre du quatrième trimestre 2011», soit une chute de 45% par rapport à la même période de l’an dernier. Ceci correspond à une marge supérieure à 7%, hors branche téléviseurs en cours de cession, contre 9,1% au dernier trimestre 2010 et un niveau de 11% attendu par le bureau d’analyse de SNS Securities.
Le chiffre d’affaires consolidé devrait croître d’environ 5%, alors que le cash-flow libre reculerait de plus de 15% à 1 milliard d’euros. Bien que des signes d’amélioration proviennent de la branche «consumer lifestyle», «nous nous attendons à ce que nos résultats financiers soient affectés au quatrième trimestre par la faiblesse de l’Europe, qui a pénalisé nos activités dans la santé ainsi que notre politique de tarification dans nos activités d'éclairage», explique Frans Van Houten.
Les programmes d’austérité lancés dans la région pèsent en effet sur les budgets hospitaliers, ce qui oblige certains établissements à repousser la livraison de leurs commandes d'équipements. De leur côté, «les excédents de stocks de la branche éclairage traduisent un ralentissement des dépenses de consommation», commente le bureau d’analyse de Petercam. Le groupe néerlandais ne sera sans doute d’ailleurs pas le seul industriel européen à souffrir, puisque Siemens, son concurrent dans l’éclairage et la santé, vient de juger «ambitieux» son objectif d’un bénéfice des activités poursuivies stable à 6 milliards d’euros sur son exercice finissant au 30 septembre 2012.
Poursuivant son plan de restructuration qui passe par la suppression de 4.500 emplois et la génération de 800 millions d’euros de baisses de coûts, Philips estime de son côté être en mesure d’atteindre ses objectifs financiers fixés à l’horizon 2013, à savoir une croissance de 4% à 6% de ses ventes, une marge d’Ebita d’environ 11% et une rentabilité des fonds propres comprise entre 12 et 14%. En attendant la publication de ses résultats annuels prévue le 30 janvier, l’action a terminé en repli de 4,7% à 14,9 euros sur Euronext Amsterdam.
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