Pfizer pourrait décider une scission de ses activités de nutrition infantile
Les investisseurs verraient d’un œil favorable Pfizer procéder à la scission de ses activités de nutrition infantile héritées du rachat de Wyeth en 2009. Ils poussent ainsi le deuxième groupe pharmaceutique mondial à suivre l’exemple de Bristol-Myers Squibb (BMS) qui a scindé en 2009 son pôle de nutrition infantile Mead Johnson. Cette société a depuis lors vu sa capitalisation boursière augmenter de 133% en deux ans pour atteindre 11,4 milliards de dollars. L’action Mead Johnson se traite désormais 23 fois le bénéfice net ajusté de l’année en cours, un niveau deux fois plus élevé que celui de sa maison-mère, selon le consensus Bloomberg.
Si une porte-parole de Pfizer a déclaré hier «qu’aucune décision n’a encore été prise sur l’avenir de la nutrition», le nouveau directeur général Ian Read avait souligné début février que le groupe comptait achever cette année l’examen de son portefeuille«pour déterminer l'éventail d’activités optimal que nous pouvons financer et gérer de manière adéquate afin de dégager une croissance constante et un retour sur investissement maximum».
Bien que Mead Johnson ait réalisé un chiffre d’affaires de 3,14 milliards de dollars contre 1,87 milliard pour la division nutrition de Pfizer, les deux entités bénéficient de la forte croissance de leur activité de nutrition infantile dans les pays émergents. En faisant l’hypothèse d’une marge brute d’exploitation de 24,7% similaire à celle de Mead, la division de Pfizer aurait une valeur boursière d’environ 7 milliards de dollars.Cette division pourrait ultérieurement «faire l’objet d’un intérêt spécifique de la part de Nestlé ou Danone», juge Catherine Arnold, analyse chez Credit Suisse.
Une opération permettant de créer de la valeur sur l’une de ses activités serait d’autant mieux considérée qu’à l’image de ses concurrents, Pfizer est confronté à l’expirationdu brevet deson principal médicament, l’anticholestérol Lipitor, ce qui fera baisser les ventes consolidées du groupe en 2011. L’action ne se traite donc qu’à 8,5 fois les bénéfices de l’exercice en cours. Si Pfizer parvient à bien valoriser son activité de nutrition, «cela bénéficiera à ses actionnaires», conclut Barbara Ryan, analyste chez Deutsche Bank.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe a rattrapé son retard de croissance sur Wall Street
Alors que l’attention des investisseurs se focalisait sur le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les entreprises européennes affichent, pour l’heure, une croissance bénéficiaire proche de 30% sur un an au troisième trimestre, équivalente à celle de leurs homologues américaines. Cela n’était pas arrivé depuis trois ans mais doit encore se concrétiser dans les cours. -
Les gestionnaires d'actifs affrontent le défi de la réversibilité technologique
Face à leur dépendance croissante aux prestataires externes, les sociétés de gestion cherchent à préserver leur autonomie de gouvernance. Lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi, elles ont montré que maîtrise des compétences, réversibilité et anticipation des risques sont devenues des enjeux de résilience opérationnelle. -
Tokyo compte bien séduire les investisseurs avec ses obligations résilience
Après le succès de sa première émission réalisée en 2025, le gouvernement de Tokyo souhaite développer le concept et créer un marché de la résilience afin de financer d’importantes infrastructures capables de protéger la population et l’économie du pays.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat -
Visé par de nouvelles hausses de taxes, le secteur aérien en pleine zone de turbulences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de multiples dispositions qui relèvent la fiscalité sur différents acteurs du secteur aérien, et qui pourraient répercuter ces taxes sur les prix des billets d’avion -
EditorialCNews, LFI : le piège démocratique
Pluralisme : pourquoi vouloir interdire CNews ou dissoudre LFI est un piège démocratique