Pfizer continue à viser AstraZeneca malgré deux fins de non-recevoir
Pfizer sort du silence… mais encaisse un nouveau refus. Le groupe américain reconnaît officiellement avoir adressé une offre indicative à AstraZeneca dès le mois de janvier. Mais à la suite de «discussions limitées», le laboratoire anglo-suédois a refusé de poursuivre les négociations. Pfizer, qui a fait une deuxième tentative, sans succès, le 26 avril, n’abandonne pas pour autant le dossier.
Pour sa part, AstraZeneca a précisé hier qu’en «l’absence de proposition spécifique et attrayante, il n’était pas opportun d’engager des discussions avec Pfizer». Aussi, «le conseil reste confiant dans la mise en œuvre de l’actuelle stratégie d’AstraZeneca en tant que société indépendante», ajoute la cible.
Comme en janvier, Pfizer propose toujours 46,61 livres par action AstraZeneca, en cash et en titres, ce qui représentait à l’époque une prime de 30% sur le dernier cours de Bourse et valorise la cible près de 59 milliards de livres (71 milliards d’euros et près de 100 milliards de dollars). A Londres, l’action bondissait lundi de 14,38% à 4.666,50 pence, misant ainsi sur un relèvement de l’offre. «La proposition de Pfizer pourrait monter jusqu’à 50-55 livres», estime un gérant de Polar Capital, soit jusqu’à 117 milliards de dollars, tandis qu’un autre expert attend un minimum de 50 livres par titre.
Pfizer réfléchit à une nouvelle offre mixte, avec une prime «significative» et une part de cash «substantielle». En janvier, Pfizer proposait 70% de titres pour 30% de cash, rappelle AstraZeneca. Le nouveau géant de la pharmacie aurait une holding de droit britannique. Tous les revenus dégagés en dehors des Etats-Unis échapperaient alors à l’impôt américain. Avec 70 milliards de dollars de trésorerie à l’étranger, Pfizer compte sur cette optimisation fiscale. Dès le mois de janvier, le conseil d’AstraZeneca a soulevé le risque d’exécution de ce montage, tout en jugeant que cette proposition sous-valorisait «très significativement» le groupe et ses perspectives.
Conformément à la législation britannique, Pfizer annoncera son intention de déposer une offre ferme sur AstraZeneca ou d’y renoncer au plus tard le 26 mai.
Alors que le secteur pharmaceutique est en pleine concentration, les offres hostiles doivent faire face à une forte résistance. A l’instar d’AstraZeneca, le génériqueur suédois Meda a rejeté hier une offre, pourtant améliorée, de son concurrent américain Mylan.
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