Peugeot ne parvient pas à contenir l’hémorragie de sa trésorerie
La garantie maximale de 7 milliards d’euros que prévoit d’accorder l’Etat à Banque PSA Finance (BPF) répond à l’urgence de la situation. «Cela assure notre capacité à animer notre commerce automobile», a reconnu hier Philippe Varin, le président du directoire de Peugeot.
Mais elle est loin de régler la situation du constructeur, dont la consommation de cash devrait dépasser cette année 2 milliards d’euros, avec l’espoir d’un retour à l’équilibre seulement fin 2014.
En juillet, lors de l’annonce de son plan de restructuration, PSA espérait finir 2012 avec une dette nette de 2,5 milliards d’euros. Hier, Philippe Varin a indiqué que le montant sera de 3 milliards, en raison notamment de la dégradation attendue du besoin en fonds de roulement en fin d’année.
Avec 7,6 milliards de trésorerie brute à fin juin, et 2,4 milliards de lignes non tirées, «PSA n’a pas de problème de liquidités à court ou moyen terme», estime un banquier. Mais les objectifs de redressement paraissent inatteignables, d’où la chute de 4,57% du cours de l’action hier, à 5,56 euros. Jugée légitime par Philippe Varin compte tenu de la taille de la garantie, l’entrée annoncée de l’Etat au conseil de surveillance est mal perçue. «PSA rencontrait déjà des obstacles pour exécuter son plan. La détérioration plus forte du marché et l’intervention accrue du gouvernement rendent encore moins probable l’atteinte des objectifs», juge CreditSights.
Salvatrice, la garantie de l’Etat sur les prochaines émissions «affectera la rentabilité de BPF», a aussi reconnu Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financier de PSA. Pour qu’elle soit acceptée par la Commission européenne, le groupe devra payer une commission. Dans le cas du Crédit immobilier de France, celle-ci a été fixée à un niveau minimal de 100 points de base. Selon PSA, cela n’empêchera pas BPF de verser un dividende. Mais il est probable que le montant soit inférieur à celui distribué en 2012 (360 millions d’euros à titre exceptionnel).
Une nouvelle augmentation de capital, après le milliard levé en mars, ne semble pas nécessaire. Mais selon les analystes de Tullett, le groupe ne pourra certainement pas échapper à de nouvelles cessions d’actifs en 2013 pour compenser la consommation de cash. Philippe Varin a reconnu hier qu’en cas de dégradation plus marquée du marché en 2013, de nouvelles économies seront mises en place, notamment sur les investissements.
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